Eau polluée à Oujda ? La science alerte, l'entreprise de distribution rassure

Une étude de l'Université Mohammed Ier d'Oujda publiée en juillet révèle une pollution chimique et bactérienne des eaux souterraines de la plaine d'Angad, principale source d'approvisionnement de la ville d'Oujda. Face à ces résultats, un député interpelle le gouvernement tandis que la société de distribution d'eau assure que l'eau traitée distribuée respecte les normes de potabilité.

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Une vive polémique secoue Oujda et ses environs au sujet de la qualité de l’eau potable, après que TelQuel Arabi a publié, lundi 4 août 2025, les détails d’une étude scientifique récente tirant la sonnette d’alarme sur une pollution chimique et bactérienne à grande échelle des eaux souterraines de la plaine d’Angad, principale source d’approvisionnement en eau de la ville.

À la suite de cette publication, le député Omar Annane, du groupe socialiste – opposition ittihadie, a interpellé le gouvernement, tandis que l’entreprise chargée de la distribution d’eau publiait un communiqué rassurant.

Une étude alarmante

L’histoire commence avec la publication, le 21 juillet, dans la revue scientifique Scientific Reports, d’une étude menée par une équipe de l’Université Mohammed Ier d’Oujda.

Après analyse de 45 puits de la plaine d’Angad, les chercheurs ont conclu qu’une grande partie des eaux souterraines ne répondait pas aux normes de potabilité de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Les résultats révèlent une pollution chimique, avec des concentrations de nitrates et de sels dépassant les limites autorisées dans près de la moitié des échantillons, exposant notamment au risque de “syndrome du bébé bleu”, ou cyanose.

Sur le plan microbiologique, le constat est encore plus préoccupant : des indicateurs de contamination fécale ont été relevés dans la majorité des puits, rendant cette eau brute potentiellement vectrice de maladies graves comme le choléra et la typhoïde.

Les auteurs de l’étude attribuent cette situation à un mélange d’activités agricoles intensives et à l’absence de réseaux d’assainissement dans certaines zones.

La question au Parlement

Ces résultats ont rapidement dépassé le cadre scientifique. Le 8 août, le député Omar Annane a adressé une question écrite au ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, citant cette même étude sur la pollution des eaux souterraines dans la plaine d’Angad et ses risques pour la santé des habitants de la préfecture d’Oujda-Angad.

Il a questionné le ministère sur les mesures qu’il comptait prendre pour limiter cette pollution et protéger la santé publique, s’il existait des programmes d’urgence pour contrôler la qualité des eaux souterraines dans la région, et a réclamé un plan clair pour garantir à Oujda un approvisionnement sûr et durable en eau potable.

L’entreprise rassure sur l’eau distribuée

Dans ce contexte, la Société régionale multiservices de l’Oriental, chargée de la distribution d’eau potable à Oujda, a publié, en fin de semaine dernière, un communiqué intitulé : “Engagement permanent pour la santé du citoyen”.

Elle y affirme que l’eau distribuée par son réseau est “potable” et soumise à un contrôle strict et continu, avec pas moins de 5 400 échantillons analysés chaque année. Selon l’entreprise, les analyses microbiologiques de l’eau distribuée entre 2022 et le premier semestre 2025 ont donné des résultats “excellents”, sans aucun cas de contamination recensé.

Si ce communiqué vise à rassurer les consommateurs, il se concentre toutefois sur la qualité de l’eau après traitement et distribution via le réseau public, sans aborder directement la question de la pollution à la source (eaux souterraines), au cœur de l’étude scientifique.

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