Ce qu’il s’est passé
Cet accord de cessez-le-feu a été conclu, après trois heures de pourparlers, en terrain neutre, la Malaisie, qui assure la présidence de l’Association des Nations d’Asie du Sud-Est (ASEAN), entre le premier ministre thaïlandais par intérim, Phuntham Wechayachai et son homologue cambodgien, Hun Manet, avec la médiation du premier ministre malaisien Anwar Ibrahim. Le cessez-le-feu prend effet à minuit lundi 28 juillet 2025.
“Le Cambodge et la Thaïlande sont parvenus à un accord commun prévoyant un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel”, a dévoilé le premier ministre malaisien, pendant la conférence de presse.
Pourquoi c’est important ?
La tension était montée le 28 mai dernier, lorsqu’un soldat cambodgien avait été tué, dans des circonstances floues, lors d’un échange de tirs dans une zone revendiquée par la Thaïlande et le Cambodge appelé le “triangle d’Émeraude”.
Les relations entre les deux pays se sont tendues à partir du 23 juillet, quand la Thaïlande a accusé le Cambodge d’avoir posé des mines antipersonnel ayant explosé dans la zone frontalière, blessant plusieurs soldats thaïlandais. Bangkok a annoncé l’expulsion de l’ambassadeur cambodgien de son territoire et le rappel de son ambassadeur en poste au Cambodge le 23 juillet, ainsi que la fermeture des postes-frontières avec son voisin.
C’est ainsi que les tensions diplomatiques se sont transformées en affrontements armés, tirs de roquettes et frappes aériennes à partir du 24 juillet, aux alentours de 8h. On dénombre 36 morts, 13 morts, dont 5 soldats, du côté cambodgien et 23 morts, dont 9 militaires, du côté thaïlandais. Près de 280 000 personnes ont été forcées de quitter leurs lieux de vie.
Quel est le contexte ?
Défini pendant l’Indochine française, le tracé de la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge est aujourd’hui à l’origine du conflit. La région entourant le temple de Preah Vihear est convoitée par les deux pays. En 1907, une carte réalisée par les autorités françaises place la région où se trouve temple Preah Vihear, construit par les khmers dans la première moitié du XIè siècle, du côté cambodgien de la frontière. Le Royaume de Siam (ancien nom de la Thaïlande) accepte cette carte pendant un temps avant de la remettre en cause. Bangkok revendique officiellement cette région depuis 1934.
Suite à l’inscription du temple Preah Vihear au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008, le conflit ressurgit. Entre juin 2008 et décembre 2011, les deux camps se sont affrontés officiellement huit fois, dans des combats provoquant des centaines de morts, des militaires essentiellement. Bangkok et Phnom Penh n’avaient pas connu d’affrontements de haute intensité depuis cette période.
Ce qu’ils en disent
- “C’est un premier pas vital vers la désescalade et le rétablissement de la paix et de la sécurité”, a assuré aux journalistes Anwar Ibrahim, premier ministre malaisien.
- Hun Manet, premier ministre cambodgien, a salué une solution “pour aller de l’avant” qui posera, d’après lui, “les conditions pour que nos discussions bilatérales mènent de nouveau à des relations normales”.
- En face, le premier ministre thaïlandais par intérim, a déclaré, “nous sommes convenus d’un cessez-le-feu, qui, nous espérons, sera respecté de bonne foi par les deux parties”. Il a également remercié l’engagement de la Malaisie, de la Chine et du “président Trump”.
- Ce dernier aurait joué un rôle dans les négociations débouchant sur un cessez-le-feu, comme l’a affirmé le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, dans un communiqué, “le président Trump et moi-même sommes déterminés à faire cesser immédiatement les violences et attendons des gouvernements du Cambodge et de la Thaïlande qu’ils respectent pleinement leurs engagements à mettre fin au conflit”.
