Factures d’eau et d’électricité : Laftit défend les SRM face à la grogne citoyenne

Les critiques contre les Sociétés régionales multiservices (SRM) se multiplient, notamment sur la flambée perçue des coûts de l’eau et de l’électricité. Le ministre de l'Intérieur, Abdelouafi Laftit, met en cause les anciens systèmes de relevés approximatifs.

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Le ministre de l'Intérieur Abdelouafi Laftit, le 25 novembre 2024 au Parlement. Crédit: Rachid Tniouni / TelQuel

Depuis l’entrée en vigueur des Sociétés régionales multiservices (SRM) dans quatre régions du Royaume, les réclamations des citoyens se multiplient, tout comme les interpellations de parlementaires, au sujet de la flambée des factures d’eau et d’électricité. À la Chambre des représentants, ce lundi 2 juin, Abdelouafi Laftit, ministre de l’Intérieur, a été sommé de s’expliquer sur les « dérives présumées » du nouveau modèle de gestion.

En réponse aux critiques, Laftit a précisé que les tarifs appliqués par les SRM sont les mêmes que ceux qui étaient en vigueur avant leur mise en place. « Lors de l’entrée en vigueur des nouveaux contrats de gestion, les mêmes tarifs que ceux pratiqués par les distributeurs précédents ont été maintenus, conformément au contrat type qui prévoit l’uniformité des grilles tarifaires sur l’ensemble du périmètre de gestion », a-t-il affirmé.

“Les SRM sont tenues de facturer sur la base de la consommation réelle, et non plus estimée, ce qui implique un changement dans la perception du montant dû par certains usagers”

Abdelouafi Laftit, ministre de l'Intérieur

Si certaines factures ont enregistré une hausse, le ministre évoque des causes techniques et anciennes : « Ce qui a été constaté comme augmentation dans les montants totaux de certaines factures est directement lié à l’irrégularité des relevés de compteurs par les distributeurs précédents, lesquels recouraient souvent à l’estimation de la consommation ». Il a également dénoncé « le recours à des tiers pour le relevé des compteurs dans les zones reculées, ce qui a généré des erreurs d’évaluation ».

Laftit insiste : avec les SRM, les factures doivent désormais reposer sur des relevés réels et réguliers. Et d’ajouter : « Les SRM sont tenues de facturer sur la base de la consommation réelle, et non plus estimée, ce qui implique un changement dans la perception du montant dû par certains usagers ». Le ministre a également souligné que les agences des SRM sont à l’écoute des citoyens, et que « des facilités de paiement peuvent être accordées au cas par cas, notamment dans des situations exceptionnelles ».

Un investissement de 253 MMDH

“Un programme global d’investissement a été mis en place, avec une enveloppe de 253 milliards de dirhams”

Abdelouafi Laftit, ministre de l'Intérieur

Au-delà des problématiques tarifaires, Abdelouafi Laftit a rappelé l’ambition de long terme des SRM, conçues pour améliorer structurellement la qualité du service. À l’origine, ces sociétés ont hérité d’installations vieillissantes des anciens distributeurs. D’où la nécessité d’un programme d’investissement massif.

« Un programme global d’investissement a été mis en place, avec une enveloppe de 253 milliards de dirhams, dont près de 32 % seront réalisés durant les cinq premières années », a annoncé le ministre. L’objectif est de moderniser les infrastructures, renforcer les réseaux, et garantir une distribution équitable de l’eau et de l’électricité dans toutes les zones desservies, y compris les territoires historiquement marginalisés.

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Pour l’exercice 2025 uniquement, Laftit a précisé que « le budget alloué aux investissements pour les quatre premières SRM dépasse 13 milliards de dirhams ». Un effort qui devrait permettre, selon le ministère de l’Intérieur, de corriger les déséquilibres entre régions et de pallier les lacunes liées à l’éclatement des acteurs et au manque de coordination territoriale.

Il convient de rappeler que la SRM Casablanca-Settat a pris en main la gestion de l’eau, de l’électricité et de l’assainissement depuis le 1er octobre 2024. Elle a été suivie par la SRM Souss-Massa le 15 octobre, la SRM Marrakech-Safi le 1er novembre, puis la SRM de l’Oriental le 15 novembre.

Dotées du statut de sociétés anonymes, les SRM assurent la gestion directe des services publics dans leurs territoires respectifs, incluant distribution d’eau potable, d’électricité, assainissement liquide et éclairage public. Elles sont également habilitées à exercer des activités commerciales, industrielles, immobilières et financières connexes à leurs missions fondamentales.