Le gouvernement espagnol présentera ce mercredi 28 mai une cartographie de la capacité d’accueil des mineurs migrants par communauté autonome, dans le cadre du plan de répartition des mineurs étrangers non accompagnés en provenance des zones sous forte pression, notamment les Canaries et Sebta, rapporte El Faro De Ceuta.
Ce recensement, piloté par la Commission de l’enfance et de l’adolescence, vise à identifier les territoires en situation de sur-occupation – comme Sebta – qui pourront activer la « contingence migratoire extraordinaire ». Celle-ci est déclenchée lorsque la capacité ordinaire est dépassée par un facteur de trois, permettant alors à l’État central de redistribuer les mineurs vers d’autres régions.
Des critères jugés “arbitraires et imposés” par le PP
La ministre de la Jeunesse et de l’Enfance, Sira Rego, précise qu’il s’agit d’un « préalable à la Conférence sectorielle de juin », où « les régions pourront proposer des ajustements au décret-loi encadrant ces transferts. » Toutefois, « toute modification devra être adoptée à l’unanimité », rappelle-t-elle.
Lors de la précédente réunion, tenue le 5 mai, les critiques des régions dirigées par le Parti populaire (PP) ont fusé contre des critères jugés « arbitraires et imposés ». Le PP a également dénoncé l’impossibilité de voter le décret. Ce à quoi Sira Rego a répondu que « le décret ne se vote pas, car il a déjà été ratifié par le Congrès », déplorant l’absence totale de propositions alternatives de la part du PP.
Une situation de surpeuplement et de grande précarité aux Canaries
Par ailleurs, le gouvernement a annoncé un recours devant le Tribunal constitutionnel contre l’Aragon, qui n’a pas communiqué ses chiffres de prise en charge des mineurs, malgré deux délais accordés. Un contentieux est aussi en cours devant le Tribunal suprême pour non-application de la réforme de l’article 35 de la loi sur les étrangers.
Madrid prévoit de commencer les relocalisations dès cet été. Le président des Canaries, Fernando Clavijo, appelle à l’urgence, évoquant une situation de « surpeuplement et de grande précarité » sur les îles.
