La protection et la valorisation du domaine public maritime, une responsabilité collective, selon Baraka

Gérer durablement le Domaine Public Maritime, essentiel à l’économie bleue et à la lutte contre les effets climatiques est un enjeu majeur pour le Maroc. Des plans et études sont en cours pour protéger et valoriser ce patrimoine jusqu’en 2035. Une approche participative est privilégiée pour garantir une gouvernance efficace du littoral.

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TelQuel

“La protection et la valorisation du domaine public maritime (DPM) et la planification de son exploitation de manière rationnelle, équilibrée et durable constituent une responsabilité collective”, a indiqué, mardi à Rabat, le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka.

S’exprimant à l’ouverture d’une journée d’étude nationale, organisée à l’initiative de son département sur le thème « Pour une gestion durable et intégrée du Domaine Public Maritime », le ministre a souligné l’importance de valoriser le domaine public maritime en tant qu’élément central des politiques publiques, notamment en matière de durabilité et d’attractivité.

Orienter les politiques publiques et développer l’activité économique

« Le domaine public maritime joue un rôle central dans le développement de l’économie bleue, en tant qu’espace propice à l’exercice de nombreuses activités côtières et maritimes, ce qui nécessite l’adoption de plans spatiaux pour sa sauvegarde, sa valorisation, son adaptation aux nouveaux usages et sa résilience face aux risques et défis liés aux changements climatiques », a-t-il fait observer.

Et d’ajouter que le développement durable des côtes requiert la préservation de cet espace public, à travers son aménagement et son suivi, outre l’anticipation des risques à la faveur de l’élaboration et de l’adoption d’une feuille de route basée sur des objectifs clairs et des solutions pratiques applicables sur le terrain et sur une approche participative de nature à garantir la justice spatiale et l’efficacité économique, à identifier les grandes tendances et à favoriser l’intégration aux niveaux central, régional et local.

Dans le même sillage, Baraka a fait remarquer que le défi à relever aujourd’hui est celui « d’orienter et de focaliser les politiques publiques sur la valorisation durable du domaine maritime et de développer des activités économiques à même d’augmenter le produit intérieur national et de créer des opportunités d’emplois, tout en préservant les équilibres environnementaux et maritimes ».

Par ailleurs, il a affirmé que l’organisation de cette journée d’étude reflète l’engagement fort du Royaume du Maroc, sous la conduite du roi Mohammed VI, en faveur du développement d’une économie maritime intégrée et durable.

Dans ce sens, Baraka a passé en revue les mesures et actions entreprises par son département à cet effet, dont la réalisation d’une série d’études techniques, dans l’optique de protéger et de renforcer le trait de côte dans de nombreuses régions côtières du Royaume, outre l’élaboration du schéma directeur de valorisation du Domaine Public Maritime à l’horizon 2035.

Il s’agit également, a-t-il dit, de l’étude de la vulnérabilité des côtes maritimes marocaines aux risques naturels et à la pollution marine accidentelle et du suivi de trait de côte par imagerie satellite de très haute résolution spatiale.

Faire participer les représentants locaux des institutions concernées

De son côté, la directrice des Ports et du Domaine public maritime au ministère de l’Équipement et de l’Eau, Sanae El Amrani, a relevé cette journée d’étude s’inscrit dans la continuité d’une série d’ateliers régionaux organisés dans plusieurs régions du littoral, avec la participation active des représentants locaux des institutions concernées, ayant permis de cerner les principaux enjeux et défis liés à la gestion du domaine public maritime, dans le cadre d’une approche fondée sur la concertation et la participation.

En outre, elle a présenté un exposé mettant en avant la richesse du patrimoine maritime, avec un focus sur la vision stratégique de valorisation du DPM qui fait de ce dernier un patrimoine durablement valorisé et qui repose sur plusieurs axes, à savoir la protection légale, la gestion opérationnelle, la rentabilité économique, l’équité et la conservation écologique.

« La protection légale commence par la délimitation du DPM par des décrets officiels et passe également par la modernisation des textes législatifs et réglementaires liés au DPM à commencer par la loi sur le littoral et ses décrets d’application », a-t-elle soutenu, notant que la gestion opérationnelle du DPM repose sur une dimension de gouvernance.

Par ailleurs, elle a mis l’accent sur les efforts déployés par le ministère en vue de favoriser la connaissance scientifique susceptible d’orienter la prise de décision dans ce domaine, soulignant à cet égard, que la préservation ne peut être assurée sans une connaissance du milieu, d’où l’importance de l’élaboration de cartographies multidimensionnelles du DPM.

El Amrani a cité, à titre d’exemple, la mise en place de documents de référence comme l’Atlas des potentiels marins et côtiers portant sur une cartographie des activités pouvant être exercées sur le littoral.

Faire face aux risques naturels

De son côte, Taki Ilham, Cheffe de service des études et des travaux de protection du DPM à la direction des Ports et du domaine public maritime, s’est penchée sur la vulnérabilité des côtes marocaines aux risques naturels, notant que les risques côtiers sont d’ordre naturel et anthropique.

Les risques naturels, a-t-elle poursuivi, se manifestent principalement dans l’érosion marine, l’ensablement, qui perturbe l’activité portuaire, et la submersion marine, ajoutant que les risques anthropiques, quant à eux, résident en l’artificialisation du littoral et la pollution marine accidentelle.

Les participants à cette journée d’étude, dont le programme s’articulait autour de deux sessions, à savoir « Connaissance et cartographie du littoral: regards croisés » et « Gouvernance du littoral: l’impératif d’une gestion intégrée », ont unanimement souligné la nécessité d’une approche concertée prenant en compte les dimensions économiques, environnementales et sociales du littoral, afin de garantir une gestion efficace et pérenne du DPM.

Cette journée d’étude, à laquelle ont pris part des représentants des départements ministériels et des institutions publiques, ainsi que des experts internationaux, des universitaires et des chercheurs spécialisés, a également permis de recueillir les avis des différentes parties prenantes sur les perspectives d’une gestion durable et intégrée du littoral. Cette dynamique s’inscrit dans une volonté d’assurer une meilleure gouvernance de cet espace stratégique et de permettre au ministère de formaliser une feuille de route, basée sur les recommandations formulées au cours des consultations.

(avec MAP)