Interrogé lors d’un colloque dans la colonie israélienne d’Ofra, en Cisjordanie occupée, sur sa vision de l’après-guerre à Gaza, Smotrich a aussi affirmé que la population gazaouie, après avoir été déplacée vers le sud, commencerait à « partir en grand nombre vers des pays tiers ».
Le Hamas a quant à lui estimé mardi que des négociations pour une trêve à Gaza n’avaient plus d’intérêt à ce stade et appelé le monde à faire pression sur Israël pour faire cesser « la guerre de la faim », au lendemain de l’annonce par Israël d’un plan de « conquête » du territoire palestinien.
« Il n’y a aucun sens à engager des négociations, ni à examiner de nouvelles propositions de cessez-le-feu tant que se poursuivent la guerre de la faim et la guerre d’extermination dans la bande de Gaza », a déclaré à l’AFP Bassem Naïm, membre du bureau politique du mouvement islamiste palestinien.
« Le monde doit faire pression sur le gouvernement (de Benjamin) Netanyahu pour mettre fin aux crimes de la faim, de la soif et aux meurtres », a-t-il ajouté.
Ces déclarations surviennent au lendemain de l’annonce par le gouvernement israélien d’une nouvelle campagne militaire qui prévoit la « conquête » de la bande de Gaza et un déplacement massif de sa population à l’intérieur du territoire.
Le Qatar, l’un des pays médiateurs entre Israël et le Hamas, a dit poursuivre ses efforts en vue d’une trêve.
Après d’autres voix la veille, la France a « fermement » condamné le plan israélien, tandis que la Chine disait « s’oppose(r) à la poursuite des opérations militaires israéliennes à Gaza ».
La bande de Gaza, dont la quasi-totalité des 2,4 millions d’habitants ont déjà été déplacés, souvent à plusieurs reprises, depuis le début de la guerre, est soumise à un blocus hermétique par Israël depuis le 2 mars et en proie à une grave crise humanitaire.
« Le Hamas a utilisé l’aide humanitaire entrée dans Gaza pour alimenter sa machine de guerre », a fait valoir le chef de la diplomatie israélienne, Gideon Saar.
L’ONU a accusé Israël d’utiliser l’aide humanitaire comme « arme » de guerre, en envoyant « des bombes » plutôt que de l’eau et de la nourriture.
Les autorités israéliennes ont demandé aux organisations « de livrer les fournitures à travers des centres israéliens, une fois que le gouvernement israélien aura accepté de rouvrir les points de passage qui sont fermés depuis maintenant neuf semaines », a indiqué un porte-parole du bureau des Affaires humanitaires (Ocha) de l’ONU, Jens Laerke. « Cela semble être une tentative délibérée d’utiliser l’aide comme arme », a-t-il ajouté lors d’un point de presse à Genève.
A Gaza, le porte-parole de la défense civile, Mahmoud Bassal, a déclaré qu’au moins sept Palestiniens, parmi lesquels deux enfants, avaient été tués dans différents bombardements israéliens depuis l’aube.
L’armée israélienne a repris son offensive sur le territoire le 18 mars, mettant fin à deux mois de trêve avec le Hamas.
L’objectif affiché par le gouvernement de Benjamin Netanyahu est toujours de « vaincre » le mouvement islamiste, après son attaque sans précédent le 7 octobre 2023 en Israël, et de « ramener les otages » enlevés ce jour-là.
En Israël, l’armée a lancé un appel à des dizaines de milliers de réservistes mais un haut responsable sécuritaire a affirmé lundi qu’il restait une « fenêtre » de négociations en vue de la libération des otages jusqu’à la fin de la visite du président américain, Donald Trump, attendu du 13 au 16 mai au Moyen-Orient.
Le président israélien, Isaac Herzog, a estimé mardi que « toutes les parties devraient faire des efforts supplémentaires (…), afin de voir nos otages revenir immédiatement », selon un communiqué de son bureau.
L’attaque du 7 octobre 2023 a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles.
Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 58 sont toujours retenues à Gaza, dont 34 ont été déclarées mortes par l’armée israélienne. Le Hamas retient également la dépouille d’un soldat israélien tué lors d’une précédente guerre à Gaza, en 2014.
La campagne de représailles israéliennes a fait au moins 52.615 morts à Gaza, en majorité des civils, selon des données du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, jugées fiables par l’ONU.
(avec AFP)
