Dans un communiqué conjoint relayé par Al3omk, les associations expriment leur inquiétude face à ces slogans répétés, qu’elles jugent menaçants pour la sécurité des joueurs, leurs supporters et les citoyens en général. Elles pointent un phénomène organisé et récurrent, qu’elles estiment attentatoire aux valeurs du tissu social marocain et à l’unité nationale.
“L’inaction des autorités compétentes ne fera qu’alimenter tensions et violences dans les stades”
Les associations rappellent leur solidarité avec les responsables, joueurs, cadres et supporters du Hassania d’Agadir, de l’Olympique Dcheira et d’Amal Tiznit, tout en alertant sur le risque d’escalade si les autorités continuent de tolérer de tels comportements malgré les plaintes déjà déposées. “L’inaction des autorités compétentes ne fera qu’alimenter tensions et violences dans les stades”, préviennent-elles.
Le communiqué souligne que le match Raja-Hassania du 23 avril dernier a vu resurgir des slogans discriminatoires et haineux, déjà signalés lors d’une rencontre similaire en octobre 2022. À l’époque, plusieurs associations amazighes avaient saisi le président du ministère public et le président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), visant notamment le président du Raja et des groupes de supporters.
Les incidents ne se limitent en effet pas à ce match. L’Olympique Dcheira avait également dénoncé des slogans racistes lors de son déplacement à Kénitra pour la 21ᵉ journée du championnat 2024-2025, tandis qu’Amal Tiznit avait été victime d’actes similaires en novembre 2024, en championnat amateur.
Sur le plan juridique, les associations estiment que ces comportements violent l’article 1 de la loi 73.15 relatif à l’incitation aux crimes et délits, ainsi que plusieurs textes internationaux, notamment la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale et la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. Elles rappellent également que le règlement disciplinaire de la FRMF, à travers son article 94, sanctionne fermement les actes racistes.
Enfin, elles dénoncent un mépris flagrant de la Constitution marocaine de 2011, qui prohibe toute forme de discrimination fondée sur le sexe, la couleur, la croyance, la culture, l’appartenance sociale ou régionale, la langue ou toute autre caractéristique personnelle.
Pour mémoire, la Fédération nationale des associations amazighes au Maroc, forte de 87 associations, avait déjà intenté en 2022 une action en justice contre le président du Raja de l’époque, Aziz El Badraoui, et un groupe de supporters, après un précédent incident au Complexe Mohammed V. La plainte, fondée sur les articles 431/1 à 431/5 du Code pénal, dénonçait une incitation à la discrimination.
