Si l’année 2024 marque un rattrapage partiel en termes de création d’emplois, elle confirme aussi des tendances inquiétantes : un chômage persistant, des conditions de travail difficiles et de profondes inégalités sectorielles et régionales.
Les services constituent le principal moteur de cette création d’emplois, avec 160.000 postes supplémentaires, dont 51.000 dans le commerce et 44.000 dans les services sociaux, selon une note d’information du Haut-commissariat au plan (HCP) relative à la situation du marché du travail en 2024.
L’industrie suit avec 46.000 emplois créés, tandis que le secteur des BTP enregistre un solde positif de 13.000 postes. En revanche, l’agriculture, forêt et pêche continue de s’effondrer, perdant 137.000 emplois, un chiffre alarmant qui illustre la vulnérabilité du secteur face aux aléas climatiques et économiques.
13,3% de chômage
Malgré cette création d’emplois, le nombre de chômeurs augmente de 58.000 personnes, portant le volume total à 1.638.000. Le taux de chômage national passe ainsi de 13% à 13,3%. Il reste particulièrement élevé chez les jeunes de 15 à 24 ans (36,7%), les diplômés (19,6%) et les femmes (19,4%). En milieu rural, le taux grimpe de 6,3% à 6,8%, tandis qu’en zone urbaine, il atteint 16,9%.
Le sous-emploi suit la même tendance haussière, passant de 9,8% à 10,1% au niveau national. Près d’un tiers des actifs occupés (32,8%) travaillent plus de 48 heures par semaine, un phénomène qui touche davantage les hommes (38,1%) que les femmes (12,5%). Par ailleurs, seuls 30,6% des salariés bénéficient d’une couverture médicale, un taux qui chute à 11,7% en milieu rural.
La région de Casablanca-Settat demeure le poumon économique du pays, concentrant 22,4% des actifs, mais affiche un taux de chômage élevé de 15%. Les régions du Sud enregistrent le taux de chômage le plus alarmant (22,2%), suivies de l’Oriental (20,9%). À l’inverse, Marrakech-Safi présente la situation la plus favorable avec un taux de chômage de 8,9%.
