Cette crise n’est pas nouvelle. Chaque année, les associations doivent batailler pour obtenir les aides qui permettent de financer le fonctionnement des centres accueillant les enfants en situation de handicap. Selon le communiqué de l’Observatoire, ce sont plus de 30.000 enfants et 9000 professionnels qui sont directement affectés par cette paralysie.
“L’affaire concerne essentiellement tout ce qui découle des propositions que nous avons soumises à la ministre en charge du secteur concernant le projet de soutien à la scolarisation”, regrette Ahmed Hawat, président de l’Observatoire, dans une déclaration à nos confrères de Hespress. “Nous lui avions demandé à l’époque de créer une commission mixte pour travailler avec les secteurs concernés afin de trouver des alternatives au fonds de soutien à la scolarisation de cette catégorie, étant donné que c’est la dernière année scolaire qui sera gérée selon le mode de fonctionnement habituel”, poursuit-il.
Les revendications sont claires : le versement immédiat des fonds destinés aux centres, la clarification du mode de financement pour les prochaines années et la mise en place d’une commission de suivi regroupant les ministères concernés et les représentants des centres.
“Les centres pour personnes en situation de handicap n’ont pas encore bénéficié des subventions qui leur sont destinées, tandis que les cadres qu’ils emploient ne profitent pas de l’application du principe du salaire contre le travail”, explique Hawat, poursuivant : “Ces derniers se retrouvent pris dans un tourbillon de problèmes psychologiques et sociaux, car il est impossible pour un individu de continuer à travailler sans percevoir son salaire à la fin de chaque mois.”
Dans le viseur des protestataires : le ministère de la Solidarité et celui des Finances. “Il existe aussi le scénario d’une nouvelle correspondance adressée au Cabinet royal afin qu’il joue un rôle d’arbitrage dans cette affaire, puisque nous l’avions déjà saisi pour garantir la poursuite du soutien à la scolarisation des personnes en situation de handicap”, rappelle-t-il.
La situation est d’autant plus tendue que la saison 2024-2025 marque la fin du mode de financement actuel. Les subventions directes aux associations seront remplacées par une nouvelle méthode de gestion des fonds, qui reste encore floue. “Le problème réside dans l’absence de réponse claire sur la responsabilité de cette situation. Le ministère de tutelle doit se concerter avec le ministère délégué chargé du budget”, déplore Hawat.
L’arrêt des services aura un impact direct sur des milliers d’enfants et leurs familles, souvent dépendantes de ces structures pour assurer l’instruction et la prise en charge de leurs enfants en situation de handicap. Les regards sont désormais tournés vers le gouvernement, appelé à agir avant que la crise ne s’aggrave davantage.
