Selon Rahhou, le modèle actuel, basé sur une logique « obligatoire », mérite d’être repensé au profit d’un cadre « raisonné » et « régulé ».
Le responsable a pointé du doigt les mécanismes « contraignants » du RSU, qui conditionnent l’accès aux aides sociales à la divulgation de données sensibles (patrimoine, imposition, etc.). « Il faut dépasser cette logique d’obligation et d’accès systématique pour instaurer un usage plus rationnel, anonymisé et sécurisé », a-t-il insisté, plaidant pour la suppression des noms et prénoms dans les bases de données.
Rahhou a également mis en garde contre les risques de dépendance aux géants étrangers de l’intelligence artificielle (IA), capables de collecter des données sans même pénétrer le marché marocain. Face à la rivalité sino-américaine dans ce domaine, il a appelé le Maroc à « se positionner stratégiquement » en s’appuyant sur son arsenal juridique existant, notamment la loi 09-08 sur la protection des données personnelles.
Le Conseil de la concurrence prévoit de publier prochainement un guide clarifiant son champ d’action en matière de données, en lien avec la loi sur la concurrence. L’objectif ? Délimiter ce qui relève du « secret des affaires », des parts de marché ou encore des pratiques anticoncurrentielles. « Cela permettra de définir ce qui est confidentiel ou non, notamment pour analyser la position dominante d’un acteur », a précisé Rahhou.
Le président a enfin souligné le potentiel d’une exploitation encadrée des données pour renforcer les programmes sociaux, comme l’élargissement de la couverture santé. « Les citoyens se plaignent des changements de critères d’éligibilité. Nous devons optimiser l’utilisation de nos bases existantes », a-t-il déclaré.
