Une première au Maroc. En marge de la publication de la 26e édition de la Global CEO Survey, la filiale marocaine de PWC a, pour la première fois, révélé, dans une enquête auprès de 45 chefs d’entreprises marocains, de nombreux insights concernant la vision “prudemment optimiste” de ces derniers.
Inquiétante inflation
Bien plus qu’à l’international, l’inflation est décrite par les chefs d’entreprises marocains comme la menace la plus alarmante à laquelle pourraient être exposées leurs entreprises au cours des 12 prochains mois, ce bien que cette tendance inflationniste soit inférieure au Maroc, comparée à la moyenne européenne.
“À plus long terme, environ la moitié des dirigeants marocains se dit extrêmement ou très exposée à l’inflation. La volatilité macroéconomique et les conflits géopolitiques arrivent en deuxième et quatrième place dans les menaces identifiées”, indique l’étude, qui fait également savoir que les interrogés voient le changement climatique comme une réelle menace. En effet dans un contexte où le stress hydrique et le coût de la facture énergétique préoccupent l’ensemble des secteurs d’activités, les dirigeants marocains expriment une certaine conscience quant à l’importance de ces sujets.
Dans ce sens, l’associée ESG Leader de PwC Maroc, Assia Benhida, affirme : “Au-delà des risques liés aux changements climatiques et environnementaux qui doivent être appréhendés de manière concrète, et à court terme par les entreprises, les enjeux de développement durable, dits ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance) sont un sujet majeur à intégrer dans les stratégies d’entreprises. Il s’agit d’un ‘must have’ à tous les niveaux, qui répond à une attente forte des parties prenantes de l’entreprise.”
Que comptent faire les CEO marocains ?
Interrogés sur la viabilité économique de leurs entreprises, 44 % des chefs d’entreprise ont affirmé qu’elle ne dépasserait pas les 10 ans si l’entreprise continuait de fonctionner comme elle le fait actuellement, contre 53 % qui estiment pouvoir tenir plus de 10 ans sans changement.
Pour limiter leur exposition aux conflits géopolitiques, après une année fortement marquée par les suites de la guerre ukraino-russe, les chefs d’entreprises marocains envisagent d’avoir recours à un ajustement de la chaîne d’approvisionnement (59 %), à une diversification de l’offre (59 %), à un ajustement de la présence sur les marchés actuels ou à la pénétration de nouveaux marchés (46 %) et à une relocation des actifs physiques (15 %) et des effectifs (10 %).

Par ailleurs, ces mêmes chefs d’entreprises indiquent prévoir la réalisation de nombreux investissements au cours des 12 prochains mois, à savoir l’investissement dans les compétences du personnel de l’entreprise (71 %), l’automatisation des processus et des systèmes (67 %), le déploiement ou la transition technologique ou numérique (53 %), l’adoption de sources d’énergies alternatives (49 %) et la décarbonation du modèle économique de leurs entreprises (29 %).
Quid de la cybersécurité ?
Comparant avec les niveaux européens et mondiaux, les chefs d’entreprises marocains semblent moins alarmés par les risques liés au cybercrime, en témoigne leur faible volonté d’investir en matière de cybersécurité. En effet, l’étude révèle que seuls 13 % des dirigeants interrogés estiment être très exposés aux risques du cybercrime.
Pour Jamal Basrire, responsable des activités cyber intelligence chez PwC France et Maghreb, “les outils de veille (type Threat Watch) et la collaboration des acteurs face à la menace cyber sont des leviers de plus en plus explorés par les entreprises. La complexification des attaques, leur caractère protéiforme et l’impact sur les opérations des entreprises sont autant d’arguments pour chercher à mettre en œuvre les approches cyber les plus efficaces et productives de résultats en capitalisant au maximum sur les expériences de l’ensemble des acteurs du marché”.
Interrogé par TelQuel, Reda Loumany, Managing Territory Partner de PwC Maroc, indique qu’“il s’agit globalement d’un problème de perception ou de maturité globale sur les enjeux de la cybersécurité”, affirmant être “intimement convaincu que ces chiffres évolueront très rapidement sur les 2 ou 3 prochaines années”.
Pour Jonathan Le Henry, Head of Strategy de PwC au Maghreb, une des raisons de cette faible sensibilisation à l’importance de la cybersécurité est due à “la façon de piloter les risques liés à la cybersécurité”, invitant ainsi les chefs d’entreprises à s’interroger sur leur façon d’anticiper le risque qui, une fois perçu de façon tangible, devient un crime.
