Affaire Bouthier : deux nouvelles mises en examen au Maroc

Deux hommes, un Français et un Marocain, ont été mis en examen au Maroc dans le cadre de l’enquête pour harcèlement sexuel visant l’ex-PDG du groupe français Assu 2000 Jacques Bouthier et plusieurs de ses collaborateurs, selon une avocate des plaignantes marocaines.

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L'ancien PDG du groupe Assu 2000 est accusé de viols, de traite des êtres humains et d'agression sexuelle sur mineures. Crédit: DR

L’accusé français a été placé en détention provisoire samedi au terme d’une garde à vue de 48 heures, a précisé dimanche à l’AFP Me Aïcha El Guella, présidente de l’Association marocaine des droits des victimes (AMDV).

L’accusé marocain a également été présenté samedi devant le procureur général du roi à Tanger qui l’a déféré devant un juge d’instruction dans le cadre de la même enquête, mais il a été laissé en liberté, a ajouté l’avocate.

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Ces décisions portent à huit le nombre de personnes — deux Français et six Marocains, dont deux femmes — mises en examen à la suite de plaintes d’anciennes employées du groupe de courtage Assu 2000 (rebaptisé Vilavi) à Tanger.

Six d’entre elles ont été placées sous mandat de dépôt et deux autres laissées en liberté. Elles sont accusées de “traite humaine”, “harcèlement sexuel”, “attentat à la pudeur” et “violences verbales et morales”.

Selon la présidente de l’AMDV, l’un des principaux suspects est en fuite et un avis de recherche a été lancé par les autorités.

Au total, sept plaintes ont été déposées contre Jacques Bouthier et des cadres de sa société

Les faits présumés se sont produits entre 2018 et avril 2022 dans la filiale marocaine du géant français du courtage à Tanger. Au total, sept plaintes ont été déposées contre Jacques Bouthier et des cadres de sa société et “d’autres vont suivre”, a déclaré samedi Abdelfattah Zahrach, un autre avocat, lors d’une conférence de presse.

Plusieurs plaignantes ont déjà fait état de harcèlement sexuel systématique, de menaces et d’intimidations au sein d’Assu 2000 à Tanger, dans un climat de précarité sociale.

Elles disent avoir été licenciées après avoir refusé de “céder au harcèlement et au chantage” de Jacques Bouthier “et de ses complices” parmi les cadres français et marocains de la société d’assurances implantée à Tanger. Des confessions rares au Maroc où les victimes d’abus sexuels restent souvent stigmatisées par la société.

Âgé de 75 ans, l’homme d’affaires, une des grandes fortunes de France, a été mis en examen le 21 mai à Paris avec cinq autres personnes, notamment pour traite d’êtres humains et viols sur mineure. Il est aussi poursuivi pour association de malfaiteurs en vue de commettre le crime d’enlèvement et séquestration en bande organisée, ainsi que détention d’images pédopornographiques.

(avec AFP)