Pendant que la chaleur pesait encore sur Casablanca, c’est une autre température qui est rapidement montée sur la scène Casa Anfa de Jazzablanca. Pour son tout premier concert au Maroc, Naïka a fait une entrée remarquée avec Welcome to Eclesia, donnant le ton d’une prestation aussi énergique que chaleureuse.
Cette première marocaine, l’artiste l’attendait depuis longtemps. « Pour moi, ça fait beaucoup, beaucoup d’années que j’ai envie de venir au Maroc. Le Maroc m’a soutenue depuis que j’ai sorti mon tout premier projet. J’ai toujours vu les drapeaux marocains dans mes commentaires (sur les réseaux sociaux, ndlr), j’ai toujours vu des messages de soutien », nous confiait-elle avant de monter sur scène.
Une attente largement partagée par le public, qui a repris en chœur plusieurs de ses morceaux les plus connus.
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Ma Chérie, aux influences pop et kompa, Blessings, Barely Barely, One Track Mind… les titres se succèdent sous les applaudissements, dans une ambiance qui ne retombe jamais malgré la chaleur. Dès le début du concert, Naïka s’adresse au public en darija : « Casablanca, choukrane bezzaf ! », avant de lancer un enthousiaste « Dima Maghrib ! », déclenchant une nouvelle salve d’acclamations.
Global Attitude
“J’espère que les gens qui ne se sentent nulle part chez eux peuvent se retrouver dans ma musique”
Mais au-delà de l’énergie, la chanteuse est aussi venue partager le message qui irrigue son répertoire. Avant d’interpréter Layers, elle revient sur le sens de cette chanson, expliquant qu’elle célèbre la richesse des identités multiples et invite chacun à ne pas se laisser enfermer dans les catégories imposées par la société. Un message qu’elle porte jusque dans sa musique qu’elle décrit comme « globale ».
« Je n’ai jamais ressenti que j’appartenais à un endroit en particulier. J’ai grandi en déménageant beaucoup, dans des cultures différentes. Mes parents viennent de cultures différentes, donc c’est un peu mon combat intérieur. Je n’ai jamais senti que j’avais vraiment un chez-moi, mais que j’appartenais à beaucoup d’endroits en même temps », nous explique-t-elle.
Pour Naïka, cette quête identitaire se prolonge naturellement dans la relation qu’elle entretient avec son public. « J’espère que les gens qui ne se sentent nulle part chez eux peuvent se retrouver dans ma musique », confie-t-elle. « Ce qui me rend toujours heureuse, c’est de voir la diversité du public (…) La diversité qui se rassemble, pour moi, c’est quelque chose de trop spécial ».

Cette volonté de rassembler se retrouve tout au long du concert. Avec Ritual, porté par des sonorités reggae, elle glisse même une reprise de quelques mesures de Is This Love de Bob Marley, avant de revenir à son propre univers. À l’issue de cette première marocaine, l’émotion semble partagée. Avant le concert, Naïka avait adressé un dernier message au public : « Je t’aime beaucoup. Je suis trop contente d’être là, vraiment ». Une déclaration qui a trouvé un écho tout au long de la soirée.
La programmation du 5 juillet a également réuni le rappeur marocain Tchubi sur la scène gratuite du Parc de la Ligue arabe, le multi-instrumentiste et saxophoniste canado-haïtien Jowee Omicil ainsi que le chanteur, compositeur et guitariste nigérian Keziah Jones sur la Scène 21. Sur la scène Casa Anfa, Oxlade, figure montante de l’afrobeats originaire de Lagos, a fait monter la température avant de céder la place à Naïka, qui a clôturé la soirée dans une ambiance euphorique.


La 19ᵉ édition de Jazzablanca se poursuit toute la semaine à Anfa Park et à la Ligue arabe, avec notamment Charlotte Cardin, Mika, Juanes ou Lauryn Hill x Wyclef Jean attendus dans les prochains jours.
