[Contenu Telquel Impact Spécial Études à l’étranger]
Au Maroc, l’offre de formation numérique s’est élargie ces dernières années. En avril 2026, Amal El Fallah Seghrouchni, ministre déléguée chargée de la Transition numérique, a indiqué que le nombre de diplômés avait atteint 22 500 par an et que 549 filières numériques avaient été créées. Les bacheliers disposent ainsi de davantage de choix pour s’orienter dans ce domaine.
Des portes d’entrée à bien identifier
Zouheir Lakhdissi, directeur général de Dial Technologies, estime que plusieurs formations de la data et de l’intelligence artificielle offrent de réels débouchés au Maroc. Il cite notamment les data scientists, les data engineers, les data architects, les développeurs en IA, les ingénieurs spécialisés dans les agents d’IA ainsi que les profils LLMOps et MLOps, qui accompagnent la mise en production et le suivi des modèles.
L’éventail des spécialités numériques est cependant plus large. À titre d’exemple, le programme national JobInTech propose des parcours dans le développement, la data et l’intelligence artificielle, la cybersécurité, le cloud et les systèmes d’information.
Ces savoir-faire ne sont d’ailleurs plus cantonnés aux entreprises technologiques. Ils trouvent des applications dans la finance, le marketing, l’industrie, la santé, les ressources humaines ou la gestion. Les possibilités professionnelles s’étendent donc à mesure que ces secteurs intègrent de nouveaux outils numériques.
Cette évolution se traduit déjà dans les besoins exprimés par les entreprises. Sur le terrain, Zouheir Lakhdissi observe que les entreprises engagées dans des projets de transformation liés à l’IA recherchent des profils capables de travailler sur l’automatisation et les agents d’IA, mais aussi d’utiliser et d’adapter les modèles disponibles grâce à des approches comme le RAG ou le fine-tuning (NDLR: Le RAG permet à l’IA de chercher des informations dans des documents externes pour répondre, tandis que le fine-tuning modifie le « cerveau » de l’IA pour lui apprendre un métier ou un style particulier)
Des cursus confrontés à la vitesse des outils
C’est surtout au niveau la formation que l’intelligence artificielle pose un défi d’un nouveau type aux établissements d’enseignement. En effet, la vitesse à laquelle évoluent les outils rend difficile l’adaptation des programmes. Selon Zouheir Lakhdissi, certaines compétences peuvent rapidement perdre de leur pertinence, au point de créer un décalage entre les formations proposées et les besoins des entreprises. Il juge donc indispensable que les étudiants apprennent à « apprendre, désapprendre et réapprendre ».
Dans les recrutements qu’il observe, il estime que les certifications, les stages et la maîtrise pratique des outils sont devenus les principaux moyens utilisés par les entreprises pour vérifier les capacités techniques des candidats, en attendant une refonte du rôle et des mécanismes de fonctionnement des universités.
Comment, dès lors, se préparer à travailler dans un domaine aussi mouvant ? Zouheir Lakhdissi conseille aux étudiants d’adopter une démarche d’apprentissage continu, de rester constamment en veille et de multiplier les expérimentations et les réalisations concrètes. Il les invite également à découvrir les différents métiers de l’entreprise afin de comprendre leurs besoins et de pouvoir les traduire en solutions d’intelligence artificielle fonctionnelles et opérationnelles.
