[Contenu Telquel Impact Spécial Études à l’étranger]
Abderrahmane Lahlou, directeur général de Madina Schools et spécialiste des questions d’éducation, en observe les effets dans les trois lycées qu’il dirige. Selon lui, 60 % de leurs bacheliers poursuivent aujourd’hui leurs études au Maroc, notamment en médecine publique ou privée, en classes préparatoires, à l’Université Al Akhawayn, à l’Université Mohammed VI Polytechnique, dans les Écoles nationales de commerce et de gestion ou en architecture. Il y voit le signe d’une confiance plus forte dans certaines formations proposées dans le Royaume.
Cette évolution ne tient pas uniquement au coût des études à l’étranger. Abderrahmane Lahlou la relie aussi à l’élargissement de l’offre, à la concurrence entre établissements privés et aux procédures d’accréditation et de reconnaissance par l’État. Il situe les avancées les plus visibles en médecine, en ingénierie informatique ainsi que dans les études commerciales et de gestion. Dans ces filières, observe-t-il, davantage de bacheliers choisissent de rester au Maroc, ou au moins d’y commencer leur parcours.
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S’il se réjouit de voir davantage d’étudiants choisir une formation au Maroc, il appelle toutefois les parents à la vigilance au moment de choisir un établissement, en particulier lorsqu’un double diplôme est proposé. Abderrahmane Lahlou recommande de consulter le site de l’institution étrangère afin de vérifier l’importance qu’elle accorde elle-même à cette « exportation » de leur formation au Maroc et d’examiner la part des cours assurés par ses professeurs, notamment dans les matières importantes. « Il faut s’assurer que les étudiants obtiennent réellement le diplôme de l’établissement international partenaire », poursuit-il.
La présence d’un partenaire étranger ne doit pas non plus reléguer la qualité pédagogique au second plan. Pour l’expert, la qualité des enseignants et des méthodes pédagogiques reste le critère essentiel dans le choix d’une formation. Il estime que les établissements publics à accès limité offrent généralement de meilleures conditions d’encadrement, tandis que les effectifs et les conditions d’exercice dans les universités à accès ouvert peuvent affecter la disponibilité des enseignants. Dans le privé, la proportion requise d’enseignants docteurs, titulaires de master et permanents constitue un repère, sans garantir une qualité uniforme d’un établissement à l’autre. « En voulant inscrire son enfant dans l’une de ces universités, il n’est pas interdit de demander à rencontrer les enseignants », conseille-t-il.
Le choix entre une formation au Maroc et un départ à l’étranger dépend enfin de la maturité de l’étudiant. Abderrahmane Lahlou rappelle que vivre loin de sa famille impose de gérer en même temps les études, les responsabilités de la vie quotidienne et l’éloignement. Il privilégie donc, lorsque le parcours le permet, un début d’études au Maroc, idéalement jusqu’au bachelor, avant une poursuite à l’étranger. Le jeune dispose alors de quelques années pour gagner en maturité et en confiance avant de vivre cette expérience.
