France-Sénégal au Maroc : frères fâchés, mais frères quand même

À Casablanca, le match France-Sénégal a largement dépassé le cadre sportif. Dans les rues et sur les places publiques, la rencontre a ravivé les souvenirs encore frais de la finale de la CAN disputée à Rabat. Six mois après un épisode marqué par des tensions inédites entre deux pays frères, les discussions ont oscillé entre passion du jeu, ressentiments nés sur les réseaux sociaux, et rappels d'une fraternité historique.

Par

Yassine Toumi / TelQuel

Sur la place Nevada, dans le centre de Casablanca, les maillots verts du Sénégal se mêlent aux couleurs marocaines à quelques minutes du coup d’envoi de France-Sénégal. Des groupes se forment devant les écrans géants installés pour la Coupe du monde. Les discussions tournent autour de Kylian Mbappé, de Sadio Mané, des chances des Lions de la Teranga face aux Bleus. Mais à Casablanca, comme sur les réseaux sociaux marocains depuis plusieurs jours, impossible d’évoquer ce France-Sénégal sans que la conversation ne revienne, tôt ou tard, à la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) disputée en janvier dernier à Rabat entre les deux sélections.

Près de six mois plus tard, le souvenir reste vivace. Cette finale, remportée dans un premier temps sur le terrain par le Sénégal après prolongation, avant d’être attribuée au Maroc sur tapis vert, avait rapidement dépassé le cadre sportif. Contestations arbitrales, retrait temporaire des joueurs sénégalais après un penalty accordé au Maroc, incidents en tribunes, condamnations de supporters sénégalais finalement graciés par le roi Mohammed VI, puis bataille juridique autour de l’attribution du titre continental : rarement une compétition africaine aura laissé autant de traces des deux côtés.

Sur les réseaux sociaux, les échanges entre supporters marocains et sénégalais se sont parfois transformés en règlements de comptes permanents, alimentant l’idée d’une rupture entre deux peuples souvent présentés comme parmi les plus proches du continent africain. Pourtant, dans la capitale économique, la réalité semble plus nuancée.

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