Elle est partie à 93 ans vendredi 5 juin, paisiblement, entourée des siens, dans sa grande résidence parisienne. Mais pour évoquer Bernadette Chirac, c’est une autre image qui s’impose à ceux qui l’ont connue : celle d’une femme épanouie sous le soleil du Maroc, loin des protocoles de l’Élysée.
“J’ai bien connu Bernadette Chirac et je lui dois beaucoup puisque c’est grâce à elle que j’ai pu avoir un atelier à Paris. Au fil des années, nous avons pu tisser une relation amicale profonde et sincère”
Car le Maroc n’était pas pour l’ancienne Première dame une destination de circonstance. C’était un choix, une fidélité, presque une déclaration d’amour répétée pendant des décennies. Mehdi Qotbi, président de la Fondation nationale des musées (FNM), peintre et figure incontournable des relations franco-marocaines, en sait quelque chose : “Je l’ai bien connue et je lui dois d’ailleurs beaucoup, puisque c’est grâce à elle que j’ai pu avoir un atelier à Paris. Au fil des années, nous avons pu tisser une relation amicale profonde et sincère”.
Une présence voulue dès le premier voyage
Lorsque Jacques Chirac choisit le Maroc, en juillet 1995, pour son tout premier déplacement officiel à l’étranger, ce n’est pas seulement le président qui s’y rend : Bernadette l’accompagne, avec leur fille Claude. Une présence loin d’être anodine.
Selon le colonel Peer de Jong, alors aide de camp du président français, c’est Hassan II lui-même qui aurait souhaité voir la Première dame et sa fille participer au voyage : “Ce que j’ai ressenti dans le cadre de la préparation de cette visite, c’est un souhait fort du côté marocain de donner une dimension familiale à ce déplacement. Lorsque l’on effectue une visite d’amitié dans un pays, le symbole d’une présence familiale est très fort. Et je pense que les Marocains ont été sensibles au fait que le président français se soit déplacé en famille”, déclarait-il à TelQuel en 2024.
