En Espagne, Grenade valorise ses racines amazighes

Au cœur du mythique complexe palatial de l’Alhambra, à Grenade, un nouvel espace muséal retrace plus de 3.000 ans d’histoire amazighe. Porté par la Fondation Dr. Leïla Mezian et les autorités andalouses, l’Espace Amazigh entend réhabiliter une mémoire longtemps restée en marge du récit officiel espagnol.

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Othman Benjelloun, sa fille Dounia Benjelloun, le conseiller du roi Mohammed VI André Azoulay, l'ambassadrice du Maroc en Espagne Karima Benyaich et la ministre andalouse chargée de la Culture et des Sports, Patricia del Pozo Fernández, inaugurent l'Espace Amazigh à l'Alhambra, à Grenade, le 13 juin 2026. Crédit: Sifeddine Elamine

Sous le soleil écrasant typique de l’Andalousie, les jardins du Carmen de los Porcel offrent l’un des plus beaux panoramas de Grenade, à proximité des remparts ocre de l’Alhambra. C’est dans ce décor chargé d’histoire qu’a été inauguré, samedi 13 juin, l’Espace Amazigh, présenté comme le premier centre culturel européen entièrement consacré à la civilisation amazighe.

Installé dans un domaine de près de 20.000 m² récemment restauré, ce petit musée, qui s’étend sur 250 m² dont 200 m² d’exposition permanente, rassemble 189 pièces — bijoux, textiles, céramiques et objets du quotidien — ainsi qu’un parcours audiovisuel retraçant plus de trois millénaires d’histoire amazighe. Derrière cette initiative se trouvent le Patronat de l’Alhambra et du Generalife et la Fondation Dr. Leïla Mezian, créée par feue l’épouse du patron de Bank of Africa Othman Benjelloun, dont l’engagement pour la préservation du patrimoine amazigh se matérialise désormais au cœur de l’un des monuments les plus visités d’Europe.

Pour les autorités andalouses, le choix du lieu n’a rien d’anodin. « Cet Espace Amazigh est non seulement un nouveau musée, mais aussi le seul centre de ce type en Europe entièrement consacré à la culture amazighe », a souligné la ministre andalouse chargée de la Culture et des Sports, Patricia del Pozo Fernández, lors de l’inauguration. Pour elle, accueillir ce projet dans l’enceinte de l’Alhambra revient à « mettre en lumière les racines qui nous unissent » et à rappeler « les siècles d’histoire, de coexistence, de culture et de traditions que nous partageons ». 

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