El Khalfi et Hannaoui candidats du PJD dans des “circonscriptions de la mort”, Benkirane out

Le Parti de la justice et du développement a tranché une nouvelle fournée de ses candidats piur le scrutin législatif du 23 septembre. Abdelilah Benkirane ne sera pas de la partie. L’ancien ministre Mustapha El Khafli est accrédité pour la circonscription de Rabat-Océan. Le militant Aziz Hannaoui va tenter sa chance à Sala-El Jadida.

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Mustapha El Khalfi, Abdelilah Benkirane et Aziz Hannaoui.

Le samedi 23 mai, le secrétariat général du PJD a tranché au sujet de ses candidats (têtes de listes) au titre de 12 circonscriptions locales et d’une circonscription régionale (réservée aux femmes).

Dans un communiqué diffusé le même jour, la direction du PJD annonce avoir fait son choix quant à ses candidats qui conduiront les listes des deux circonscriptions de Salé. Ainsi Kamal El Kouchi est candidat à Salé-ville alors que Aziz Hannaoui mènera celle de Sala-El Jadida.

La surprise Hannaoui

La direction du PJD, sans le dire de manière directe, a écarté la candidature de son secrétaire général Abdelilah Benkirane. Comme nous l’écrivions dans un précédent article, il a été choisi par la section locale de Salé pour conduire la liste de l’une des deux circonscriptions de cette ville avec Jamaâ Moâtassim, son ancien directeur de cabinet à la chefferie du gouvernement. Cette candidature posait un dilemme aux dirigeants du parti. Ancien chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane ne devrait pas devenir un simple candidat parmi des milliers de prétendant à la députation. A la Chambre des représentants, il sera un député parmi une armée de 395 élus. L’autre avis, qui disait tout le contraire, estimait que la candidature de Bekirane donnera du tonus à la campagne générale du parti au vu du capital sympathie dont bénéficierait le secrétaire général auprès de l’électorat marocain. Finalement, c’est la première option qui a été retenue et Abdelilah Benkirane se consacrera à diriger, sur le terrain ou depuis le salon de sa résidence au quartier des Orangers à Rabat, la bataille électorale de son parti.

Pour rappel, la circonscription de Salé-ville a toujours souri à l’actuel SG du PJD qui y a été élu pour cinq mandats successif entre 1997 et 2016.

A Salé, le PJD a donc décidé de mettre en avant Kamal El Kouchi à Salé-ville et Aziz Hannaoui à Sala-El Jadida. Et c’est justement cette dernière candidature qui interpelle et surprend. Aziz Hannaoui n’a pas d’expérience en matière de militantisme partisan. Jeune cadre du ministère de l’Economie et des Finances, le public marocain le connaît d’abord en tant que militant de la cause palestinienne tantôt comme secrétaire général du Groupe d’action pour la Palestine et, dernièrement, comme SG de l’Observatoire marocain de la lutte contre la normalisation.

Dans ce cadre, il est connu pour ses actions spectaculaires dont plusieurs sit-in devant le Parlement ou encore le fait de brûler le drapeau israélien devant l’institution législative. D’un ton des plus acerbes, il s’attaque aux «normalisateurs» et en voit partout. Une bonne option pour le PJD ? Peu sûr. Ce qui l’est par contre, c’est que Aziz Hannaoui sera l’un des OVNI de la prochaine campagne électorale.

El Khalfi quitte Sidi Bennour pour Rabat

L’autre grande surprise est la candidature de Mustapha El Khalfi à la circonscription de Rabat-Océan lui qui a toujours été candidat à Sidi Bennour. L’ancien ministre de la Communication et ex-ministre chargé des relations avec le Parlement y a remporté un siège lors des scrutins de 2011 et de 2016, mais a du céder la place au deuxième sur sa liste, le mandat de député étant incompatible avec le poste de membre du gouvernement.

Lors des élections du 8 septembre 2021, Sidi Bennour, la ville natale d’El Khalfi, ne lui a pas porté bonheur et il n’a pas réussi à arracher l’un des quatre siège en jeu.

Sa candidature à Rabat-Océan est plus que préilleuse. Qualifiée de «circonscription de la mort» par excellence, plusieurs dirigeants politiques de premier plan s’y sont cassé les dents par le passé. Les plus cuisantes défaites y ont eu lieu le 8 septembre 2021 avec Saâd-Eddine El Othmani, à l’époque chef de gouvernement sortant et SG du PJD, et Mohamed Nabil Benabdallah, SG du Parti du progrès et du socialisme (PPS).