Mahi Binebine, artiste et écrivain : “Les rares fois où j'ai fait affaire avec l'État, ça a fini en fiasco ”

Mahi Binebine, artiste et écrivain : “Les rares fois où j'ai fait affaire avec l'État, ça a fini en fiasco ”. Crédit: DR

Smyet bak ?

Mohamed.

Smyet mok ?

Mina.

Nimirou d’la carte ?

E5079.

La 4e édition du FLAM s’est déroulée quelques mois après la finale de la CAN, qui a écorché l’image de la “solidarité africaine”. La littérature peut-elle réussir là où le foot a échoué ?

“Pendant la CAN, il a suffi d’une mauvaise décision arbitrale pour créer des tensions. J’ai vu sur la Toile des messages tout simplement terrifiants. Tout cela est extrêmement fragile”

Mahi Binebine, artiste et écrivain

Le grand philosophe Jamel Debbouze (rires) disait que Zidane, en marquant deux buts lors de la Coupe du Monde de 1998, avait aboli le racisme en France pendant 48 heures. Nous, il a suffi d’une mauvaise décision arbitrale pour créer des tensions. J’ai vu sur la Toile des messages tout simplement terrifiants. Tout cela est extrêmement fragile. La littérature peut-elle quelque chose ? J’ai bien envie de dire oui. Avec mes amis sénégalais, on s’est évidemment disputés sur le penalty, mais on a pu se connaître, se parler et se raconter. J’ai voyagé un peu en Afrique et je réalise qu’on connaît mal nos voisins. C’est d’ailleurs ce constat qui est à l’origine du FLAM : pourquoi rencontrer mon voisin à Paris, à New York, à Berlin, et pas chez moi ou chez lui ? Cette quatrième édition a été ambitieuse et engagée.

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