J’ai aujourd’hui le privilège d’accueillir le Royaume du Maroc dans notre communauté de nations travaillant ensemble dans l’élaboration d’une nouvelle ère dans l’exploration spatiale”, a annoncé le 30 avril Jacob Isaacman, administrateur de la NASA. La veille, le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita avait signé à Rabat avec le Secrétaire d’État adjoint des États-Unis, Christopher Landau, l’adhésion du Maroc aux accords d’Artemis.
Le projet Artemis, kezako ?
La vision du programme Artemis s’inspire “des missions que la NASA et nos partenaires internationaux veulent mener sur la Lune et vers Mars”, affirme Gabriel Swiney, conseiller au département d’État américain, sur le site dédié du gouvernement des États-Unis. Washington désirant faire “des choses dans l’espace que nous n’avons jamais encore faites”, il s’agit de créer de nouvelles normes pour les encadrer. Le projet est l’héritier du programme Constellation, entièrement américain, lancé par George W. Bush en 2004 et abandonné par Barack Obama en 2010, qui projetait d’envoyer une mission habitée sur la Lune en 2020.

Qui le Maroc rejoint-il ?
Avant le Maroc, la Maison Blanche, qui a lancé le projet lors du premier mandat de Donald Trump, a convaincu 62 pays à rejoindre Artemis. Avec 30 signatures, l’Europe représente une grande partie des États volontaires. La liste comprend notamment les trois têtes de peloton du programme spatial européen : la France, l’Allemagne et l’Italie. Aux Amériques, 10 pays en plus des États-Unis ont rejoint l’accord ; en Asie et Océanie, 12 ; et Rabat devient la cinquième capitale africaine à se joindre aux accords après Kigali, Dakar, Abuja et Luanda.
En filigrane, cette liste ressemble fort à celle des alliés de Washington sur la scène internationale dans le contexte d’une relance de la guerre des étoiles : Donald Trump a réactivé en 2017 une vieille dynamique de retour sur la Lune, et la Chine a annoncé dans la foulée, en 2020 – année de l’ouverture d’Artemis aux signataires –, son intention d’y établir une station scientifique internationale (dont les pays partenaires demeurent inconnus) capable d’exploiter les ressources extra-atmosphériques.
