Ce qui était initialement un projet de fin d’études aux Beaux-Arts de Tétouan est devenu bien plus : Ilyass Koundi a choisi de mettre en images l’histoire de Faraj, le petit oiseau qui est apparu à Ahmed Marzouki pendant son incarcération à Tazmamart. C’est l’un des épisodes les plus poignants de Cellule 10, le célèbre récit que ce survivant du bagne de la mort a publié en 2000.
Les prisonniers, habitués aux infestations en tout genre, ont d’abord cru à une vipère lorsque ce petit pigeonneau s’est retrouvé parachuté dans leur cellule, tombé par les barreaux en fer du plafond. Il était blessé. Ahmed Marzouki, qui après plusieurs années dans ce mouroir n’avait pour horizon que la mort, s’est retrouvé avec un être vivant entre les mains, qu’il a soigné, élevé, et choisi de remettre en liberté. Symbole à la fois d’espoir, de lumière et de résistance face à la mort certaine, Faraj renaît dans L’Oiseau de Tazmamart, un roman graphique coédité aux éditions Alifbata (France) et Le Fennec (Maroc).
