Après deux reports, le procès en appel peut enfin s’ouvrir, à moins de cinq kilomètres seulement du lieu où se sont déroulés les faits jugés. Annoncée pour midi, l’affaire n’est finalement appelée qu’à 14h30, le temps pour la cour d’examiner d’autres dossiers dans la même salle d’audience. Les 19 accusés, 18 supporters sénégalais et un Franco-Algérien, sont introduits peu avant l’ouverture effective des débats, installés sur le côté droit de la salle, partiellement dissimulés derrière un paravent en bois.
Dès l’ouverture, la configuration linguistique donne le ton. Deux traducteurs sont mobilisés : le premier assure le passage de l’arabe vers le français, le second — mandaté par l’ambassade du Sénégal à Rabat — du français vers le wolof. La plupart des accusés déclarant ne maîtriser ni l’arabe ni le français. Après l’appel individuel des prévenus, la défense entre immédiatement dans le vif du sujet.
