Disparition de Clément Besneville à Rabat : une nouvelle enquête ouverte pour enlèvement et séquestration en France

Deux ans après la disparition de Clément Besneville à Rabat, les autorités marocaines assurent que l'enquête suit son cours. De son côté, la justice française vient d'ouvrir une information judiciaire pour enlèvement et séquestration.

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Disparu de son appartement rabati le 10 avril 2024, Clément Besneville, ingénieur français de 29 ans, reste introuvable depuis 94 semaines. Crédit: DR

Deux ans après la mystérieuse disparition de Clément Besneville à Rabat, une information judiciaire a été ouverte pour enlèvement et séquestration par le parquet de Melun en France. L’annonce a été faite samedi par le procureur de la République Jean-Michel Bourlès, qui précise que cette procédure fait suite à un dépôt de plainte des parents auprès de la doyenne des juges d’instruction du tribunal de Melun (sud-est de Paris).

“Que la justice française continue de s’intéresser à nous, c’est bien”, a réagi le père de Clément, Didier Besneville, à l’AFP. “Ça fait deux ans que notre gamin a disparu… On est terriblement angoissés, je ne sais plus quel mot employer.”

Cette ouverture d’information judiciaire vient s’ajouter à l’enquête déjà confiée en décembre 2025 au Parquet national antiterroriste (PNAT), ainsi qu’aux investigations menées côté marocain par la Brigade nationale de la police judiciaire de Casablanca.

Disparu de son appartement rbati le 13 avril 2024, Clément Besneville, ingénieur français de 29 ans, reste introuvable depuis 94 semaines.Crédit: DR

Volatilisé le soir de l’Aïd

Cela fait désormais deux ans que Didier Besneville est sans nouvelles de son fils. Clément, ingénieur diplômé de l’université de Paris-Saclay, s’était installé à Rabat début 2024 avec un projet concret : ouvrir une pizzeria dans le quartier d’Agdal. Il avait même rendez-vous le 15 avril pour signer le bail du local. Le 10 avril 2024, soir de l’Aïd al-Fitr, il disparaît de son appartement du quartier de l’Océan. Dans les lieux, rien ne manque : argent liquide, ordinateur, téléphone, passeport — et même ses lunettes de vue, qu’il ne quittait jamais. Aucune trace d’effraction.

La veille de sa disparition, il avait provoqué un incident dans la mosquée de son quartier en éclatant de rire pendant la prière, lançant à un ami : “Laisse tomber, ils ne savent même pas prier !” .Un épisode qui, replacé dans le contexte, interroge : Clément, converti à l’islam en 2017 et décrit comme très pieux par ses proches, avait été diagnostiqué schizophrène cette même année. Son père estime qu’il ne prenait vraisemblablement plus son traitement.

Autre élément troublant : le 15 mars 2024, moins d’un mois avant sa disparition, il avait effectué trois virements totalisant 40 000 euros vers la plateforme de cryptomonnaies Binance. L’argent y serait toujours. Son père y voit une mise de fonds destinée à la pizzeria.

D’importants moyens déployés côté marocain

Du côté marocain, la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) assure que l’enquête a été menée avec sérieux : plus de soixante auditions, des expertises ADN, six équipes de recherche dépêchées à travers le royaume — dont l’une ayant travaillé trois semaines dans le Haut Atlas — et des dizaines de réquisitions judiciaires auprès des opérateurs télécoms, banques et douanes. L’itinéraire de Clément à Tétouan et Chefchaouen a été retracé, et toutes les personnes qu’il y avait rencontrées ont été entendues.

En juillet 2024, une enquête a été confiée à la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) de Casablanca. La piste de la radicalisation religieuse a également été explorée, en coordination avec la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), sans qu’aucun lien extrémiste ne soit établi. Tous les témoignages convergent néanmoins vers une réalité : Clément souffrait de graves troubles psychologiques.

Une mobilisation qui dépasse les frontières

Didier Besneville dit avoir multiplié les courriers en France notamment aux ministères de la Justice, de l’Intérieur et des Affaires étrangères. La première dame Brigitte Macron s’est elle-même saisie du dossier, contactant le consul de France au Maroc.

Les parents étaient encore à Rabat la semaine précédant l’ouverture de l’enquête de Melun. “On a été reçus par un cadre de la police, qui nous a dit que l’enquête suivait son cours et que toutes les pistes restent ouvertes”, rapporte le père. La DGSN du Maroc affirme de son côté que les investigations se poursuivent “dans le respect des dispositions légales”.

 

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