Leïla Slimani, pour l’amour de la langue 

Dans “Assaut contre la frontière”, tout juste paru aux éditions Gallimard, Leïla Slimani interroge les tiraillements linguistiques qui ont parsemé son parcours. Entre essai et récit intime, elle explore ce que signifie appartenir à une langue, l’arabe, qui lui a échappé. Et revendique le choix, politique, d’habiter plusieurs langues et identités à la fois.

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L'écrivaine marocaine Leïla Slimani. Crédit: Francesca Mantovani / Gallimard

Que devient un écrivain sans sa langue ? Dans le dernier livre de Leïla Slimani, un court texte de 70 pages intitulé Assaut contre la frontière, cette question se pose d’abord au pluriel. Il n’est pas question d’une seule langue, mais plutôt du refus à n’en choisir qu’une seule, souvent érigée en porte-étendard d’un pays ou d’une origine. En France, elle est l’écrivaine marocaine. Au Maroc, elle est l’écrivaine trop française.

La romancière s’interroge sur les mots que l’on choisit pour définir (et souvent figer) les autres, et confronte ses propres vulnérabilités. “Si je ne parlais pas l’arabe, pouvais-je être pleinement marocaine ? Pouvais-je appartenir à mon propre pays et y trouver ma place ?”, écrit-elle en retraçant les questions qui l’ont longtemps hantée.

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