Pour la première fois de son histoire, le Concours international de musique de l’Orchestre philharmonique du Maroc consacre son édition au violoncelle. Du 30 mars au 4 avril 2026, entre le Complexe culturel Mohamed Zefzaf de Casablanca et le Théâtre Mohammed V de Rabat, de jeunes interprètes venus du monde entier se disputeront les prix d’une compétition qui, depuis sa création en 2001, s’est imposée comme un rendez-vous majeur contribuant à l’enrichissement et à la visibilité de la musique classique au Maroc.
83 candidatures ont été enregistrées, en provenance d’Allemagne, du Brésil, du Canada, de Chine, de Corée du Sud, de Roumanie, de Suisse, de Taïwan et des États-Unis
Placé sous le haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et organisé sous l’égide de la Fondation de l’Académie du Royaume du Maroc, en partenariat avec la Fondation Ténor pour la Culture, le concours affiche cette année une attractivité remarquable : 83 candidatures ont été enregistrées, en provenance d’Allemagne, du Brésil, du Canada, de Chine, de Corée du Sud, de Roumanie, de Suisse, de Taïwan et des États-Unis. Une diversité géographique qui témoigne du rayonnement international de l’événement et place le Maroc sur la carte des grandes rencontres dédiées à la musique classique.
Un format de compétition singulier
Particularité rare dans les concours internationaux : les candidats sont accompagnés par l’Orchestre philharmonique du Maroc à tous les stades de la compétition. En demi-finale, ils interpréteront un concerto classique pour violoncelle ainsi qu’une œuvre pour violoncelle seul, les lundi 30 et mardi 31 mars à 20h à Casablanca, sous la direction de Dina Bensaïd.
La grande finale, consacrée aux grands concertos du répertoire, se tiendra au Théâtre Mohammed V de Rabat le vendredi 3 avril à 20h, sous la baguette d’Olivier Holt. Un concert des lauréats viendra clôturer la semaine le samedi 4 avril à Casablanca, célébrant l’excellence musicale de cette édition.
Autre originalité qui a fait la renommée du concours : la dimension participative. Le public et les musiciens de l’OPM remettent également un prix à leur candidat favori, aux côtés des distinctions décernées par le jury.
Deux chefs, deux profils
La direction musicale de cette édition est partagée entre deux personnalités complémentaires. Dina Bensaïd, qui assurera les demi-finales, a débuté sa carrière comme pianiste concertiste, diplômée du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris.
Nommée cheffe assistante de l’OPM en 2019, elle est la première Marocaine à avoir été sélectionnée pour participer au Concours musical Reine Elisabeth de Belgique. Elle a collaboré avec des artistes tels que Marc Coppey, Abdel Rahman El Bacha, Frank Braley, Emmanuelle Bertrand et Victor Julien-Laferrière, et s’est produite en soliste à la Philharmonie de Paris et au Victoria Hall de Londres.
Olivier Holt, qui dirigera la finale, est conseiller artistique et premier chef invité de l’orchestre depuis 2016. Né à Paris dans une famille d’artistes, formé auprès de maîtres tels que Jean Fournet, Franco Ferrara et Leonard Bernstein à la Hochschule für Musik de Vienne, il a fait ses débuts au Théâtre du Châtelet à seulement 21 ans.
Sa carrière l’a mené sur les scènes lyriques de l’Opéra-Comique, de Nancy, Lille et Marseille, aux côtés de solistes comme Natalie Dessay et José Van Dam. Ses engagements récents l’ont conduit à Vilnius, Tallinn et Budapest.
Un jury international de premier plan
La présidence du jury a été confiée à la violoncelliste Xenia Janković, d’origine serbe et russe, lauréate du prestigieux concours Gaspar Cassadó de Florence, soliste des orchestres philharmoniques de Londres et Budapest, et professeure de violoncelle à la Musikhochschule de Detmold depuis 2004. Elle joue un violoncelle de Gregorio Antoniazzi datant de 1733.
À ses côtés siégeront le compositeur marocain Ahmed Essyad, né à Salé, auteur de plusieurs opéras et lauréat du Grand Prix National de la Musique en 1994 ; René Benedetti, premier soliste à l’Opéra de Paris, qui a contribué à la création de l’OPM lors d’une tournée au Maroc; Justus Grimm, lauréat du concours Maria Canals de Barcelone, professeur et directeur artistique au Royal Conservatory d’Anvers depuis 2008 ; Marie Hallynck, élue « Soliste de l’année » en Belgique en 2002, membre régulier du jury du Concours Reine Elisabeth ; et Yovan Markovitch, chambriste passé par les quatuors Ysaÿe et Danel, aujourd’hui professeur de musique de chambre au CNSMD de Lyon.
Six candidats, six parcours
Parmi les demi-finalistes retenus, six profils se distinguent. L’Espagnol Luis Aracama, 21 ans, formé à l’Escuela Superior de Música Reina Sofía auprès d’Ivan Monighetti, a remporté le premier prix de plusieurs concours internationaux dont le Justus Dotzauer et l’Antonio Janigro. Il a récemment enregistré son premier CD avec un double concerto de Vivaldi.
Le Sud-Coréen Taewoong Chae, entré deux ans en avance à la Korea National University of Arts, lauréat des concours les plus prestigieux de son pays, a fait ses débuts européens en janvier 2026 à la Philharmonie de Berlin.
L’Allemand Carlo Lay, né à Singapour, poursuit un Master à l’Universität der Künste Berlin auprès de Danjulo Ishizaka tout en bénéficiant de l’enseignement de Sol Gabetta à Bâle. Il joue un violoncelle Angelo Toppani de 1733 mis à disposition par la Fondation ANDARTA.
La Chinoise Jiayi Liu, née en 2002, lauréate du Young Musician Prize du Grand Prix Emanuel Feuermann, s’est déjà produite à la Berliner Philharmonie et au Concertgebouw d’Amsterdam. Elle participera en 2026 à la résidence du Musikdorf Ernen avec le Wendel Quartet.
L’Américain Thomas Lim allie excellence artistique et académique : diplômé d’un Master de Juilliard et d’un Bachelor en informatique et mathématiques de Columbia University, il a remporté en 2025 le Premier Prix du Concerto Competition des Violons du Roy.
Enfin, le Néerlandais Isaac Lottman, qui a commencé le violoncelle à l’âge de deux ans, formé auprès de Pieter Wispelwey au Conservatorium van Amsterdam, se produit régulièrement au Concertgebouw et en duo avec sa sœur violoniste sous le nom de Duo Fatalis.
Un concours pour tous
Toutes les épreuves du concours sont accessibles gratuitement au public, sous réserve de places disponibles et sur présentation d’un billet à retirer sur opmcompetition.ma. Une politique d’accès libre portée par l’Orchestre Philharmonique du Maroc et la Fondation de l’Académie du Royaume du Maroc, avec le soutien du Ministère de la Culture, du Théâtre Mohammed V et de la Région de Casablanca-Settat.
Infoline : 05 22 42 29 53
