“Hurlevent” selon Fennell, onze artistes du monde entier, Mouline Othmane sur scène.. Les sorties de la semaine

Adapter, c’est trahir ? 

Cinéma. Les Hauts de Hurlevent n’en sont pas à leur première adaptation, mais celle d’Emerald Fennell s’annonce comme la plus subversive… et la plus clivante. La réalisatrice de Promising Young Woman et de Saltburn ne cache pas que son « Hurlevent » (les guillemets du titre sont d’ailleurs intentionnels) est moins une fidèle transposition du roman d’Emily Brontë qu’une réinterprétation intime, celle qu’elle s’était forgée à quatorze ans en découvrant l’œuvre. Le film ne couvre d’ailleurs que le premier tiers du roman, concentrant toute son énergie sur la passion dévorante entre Catherine et Heathcliff. La réalisatrice reste fidèle à elle-même : érotique, excessive, délibérément dérangeante. Les landes du Yorkshire y sont âpres et charnelles, la demeure des Earnshaw suinte la violence et la misère, en contraste brutal avec l’opulence froide des Linton. Quant au duo Margot Robbie – Jacob Elordi, il partage les avis : certains succombent à leur magnétisme, d’autres estiment qu’ils n’atteignent pas tout à fait la démesure que leurs personnages exigent.

Actuellement au cinéma 

Réenchanter le réel

Exposition. Dans le cadre de la Bienalsur, biennale internationale d’art contemporain du Sud, le Musée National de la Photographie accueille une exposition collective qui réunit onze artistes venus du Maroc, d’Argentine, du Brésil, d’Espagne et des Pays-Bas. Photographies et vidéos s’y répondent en un parcours choral, où chaque regard propose une façon singulière de réinventer le monde. Portée par les commissaires Diana Wechsler et Soufiane Er-Rahoui, “Let’s Play – Réenchanter le monde” convoque l’imaginaire, le rêve et le jeu comme outils pour interroger la condition humaine et révéler la poésie enfouie dans le quotidien.

Actuellement au Musée National de la Photographie, Rabat

Futur antérieur

Cinéma. Nommé aux Oscars et auréolé du Cristal du long-métrage à Annecy, Arco est l’un des films d’animation les plus attendus de l’année. Le réalisateur, Ugo Bienvenu, y imagine un garçon venu d’un futur idyllique, propulsé malgré lui dans un monde ravagé par les catastrophes climatiques, où il est recueilli par une fillette bien décidée à l’aider à rentrer chez lui. Une fable écofuturiste co-produite par Natalie Portman, qui a voulu s’engager dans un cinéma capable d’ouvrir des horizons aux jeunes générations. Au casting des voix, Louis Garrel, Swann Arlaud et Oxmo Puccino, entre autres.

Le 28 mars à la Cinémathèque de Tanger, les 5 et 7 avril à l’Institut Français de Rabat 

Chaâbi sur scène 

Concert. Figure attachante du chaâbi marocain, Mouline Othmane signe son premier spectacle officiel, mis en scène par Amir Rouani. Entre récits personnels et morceaux interprétés en live, le spectacle se veut un hommage à la langue et aux rythmes du châabi, qui raconte les souvenirs et émotions d’une société entière, et tisse un dialogue sensible entre mémoire et musique, sans jamais trahir l’âme d’un genre qui fait danser tous les Marocains. 

Les 3 et 15 avril, au Studio des Arts Vivants (Casablanca) et Théâtre Mohammed V (Rabat) 

D’ici et d’ailleurs 

Exposition. Pour ses dix ans, l’Espace Rivages célèbre la création de la diaspora marocaine dans toute sa diversité avec l’exposition “Traces sur Rivages”. La Fondation Hassan II pour les Marocains Résidant à l’Étranger y présente soixante artistes installés aux quatre coins du monde — de Paris à Dubaï, de Montréal à Moscou — réunis le temps d’une exposition collective qui témoigne de la vitalité et de la pluralité des voix de la scène artistique marocaine internationale.

Du 26 mars au 25 avril, à l’espace Rivage, Casablanca 

 


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