Le Sahara a longtemps nourri l’imaginaire européen. Considéré comme le défi suprême à la volonté technique de contrôle et de maîtrise du continent africain, il a suscité une multitude d’initiatives, le plus souvent aussi ambitieuses que fantaisistes. Parmi tous ces projets, un seul fut réellement engagé : celui du chemin de fer transsaharien. Jamais achevé, il a néanmoins laissé des vestiges encore visibles aujourd’hui dans l’Oriental marocain.
C’est à la fin du XIXe siècle que le projet de chemin de fer du Transsaharien voit le jour. L’idée est simple : relier l’Algérie au fleuve Niger afin de donner une cohérence à l’empire colonial français en Afrique et d’en acheminer les richesses jusqu’à la métropole. L’entreprise est séduisante, mais l’ampleur de la tâche et son coût refroidissent les ardeurs du gouvernement français.
Pendant des décennies, ce serpent de mer va faire le tour des ministères. Les études, commissions et gouvernements se succèdent sans qu’aucun rail ne soit posé. Après maintes hésitations quant au tracé, ce sont finalement les perspectives minières de Jerada (charbon) et de Bouarfa (manganèse) qui permettent un premier tronçon dans l’Oriental.
