Chaque année, le mois de ramadan marque un paradoxe économique au Maroc. Alors que le jeûne rythme les journées, les dépenses alimentaires des ménages augmentent de manière significative. Selon les données publiées par le Haut commissariat au plan, les dépenses alimentaires des Marocains progressent de plus de 17% durant le mois sacré. Les marchés de gros, les abattoirs, les minoteries, les laiteries et les ports tournent alors à plein régime pour répondre à une demande qui se concentre sur quelques produits stratégiques : farine, huile, lait, viandes, œufs, dattes, poissons bleus et fruits et légumes frais.
Cette année, la campagne de ramadan s’ouvre dans un contexte climatique inédit, marqué par des pluies abondantes et persistantes sur l’ensemble du territoire. Si ces précipitations ont redonné espoir à un secteur agricole éprouvé par des épisodes successifs de sécheresse, elles ont aussi créé de nouvelles contraintes logistiques, notamment dans les zones rurales inondées et dans les ports où la houle perturbe le trafic maritime. Par conséquent, le marché est actuellement tiraillé entre une offre globalement suffisante, voire excédentaire pour certains produits, et des risques de perturbations ponctuelles pour d’autres, avec des conséquences attendues sur les prix.
