Ce dimanche 21 décembre, le Maroc n’accueille pas simplement une compétition de football. Notre pays entre dans une nouvelle ère. Une ère où le ballon rond n’est pas seulement un divertissement mais aussi un instrument de puissance. Cette CAN est le premier acte d’une stratégie qui trouvera son aboutissement en 2030, lorsque le Maroc co-organisera la Coupe du Monde avec l’Espagne et le Portugal.
La CAF, la FIFA et les observateurs internationaux regardent. Et ils évaluent. Chaque détail compte : la gestion des flux de spectateurs, la coordination sécuritaire entre les six villes hôtes, la fiabilité des transports, la qualité de l’hospitalité… Cette CAN est une répétition générale, un stress test grandeur nature avant l’échéance planétaire de 2030. Le Maroc n’a pas droit à l’erreur. Réussir cette édition, c’est valider notre crédibilité d’organisateur du Mondial. La rater, c’est nourrir les doutes de ceux qui pensent encore que notre pays n’est pas prêt pour accueillir SA Coupe du Monde.
Mais au-delà du football, c’est l’image même du pays qui se joue. Le positionnement hivernal de la CAN donne une vitrine mondiale à la compétition, qui n’aura “que” le championnat anglais comme adversaire. Trente pays européens diffuseront le tournoi, contre dix-huit lors des précédentes éditions. Plus de 5400 demandes d’accréditation médias ont été enregistrées. Les images du Maroc circuleront de Londres à Lagos, de Paris à Johannesburg. L’ONMT table sur 800.000 visiteurs pendant la compétition. Les retombées économiques sont estimées entre 8 et 10 milliards de dirhams.
La CAN 2025 prépare le terrain. Elle montre au monde un pays moderne, capable d’orchestrer un événement d’envergure continentale, doté d’infrastructures de classe mondiale.
Ce rayonnement a une valeur difficile à mesurer : le soft power. Co-organiser le Mondial 2030 avec deux puissances européennes, c’est affirmer que le Maroc est un pont entre deux continents, un acteur crédible sur la scène internationale. La CAN 2025 prépare le terrain. Elle montre au monde un pays moderne, capable d’orchestrer un événement d’envergure continentale, doté d’infrastructures de classe mondiale et d’une population passionnée.
Le pari est audacieux. Il repose sur une conviction : le sport peut transformer un pays. Il peut attirer les investisseurs, séduire les touristes, fédérer une nation et projeter une image positive aux quatre coins du globe. Le Qatar l’a compris avec le Mondial 2022. L’Arabie Saoudite mise désormais sur cette stratégie. Le Maroc aussi. Mais avec une différence de taille : ici, le football n’est pas un caprice de milliardaires. C’est une passion populaire qui souffle dans chaque quartier, chaque village, chaque famille.
Dimanche, lorsque l’arbitre sifflera le coup d’envoi de Maroc-Comores, ce n’est pas seulement une compétition qui débutera. C’est un examen de passage. Le Maroc a passé des décennies à regarder les grands événements sportifs se dérouler ailleurs. En 2025, puis en 2030, c’est le monde qui regardera le Maroc. Nous avons rendez-vous avec l’histoire.
