Médecine robotique : l’innovation au service du soin de demain

La chirurgie robotique s’impose peu à peu au Maroc. Entre précision millimétrique, récupération accélérée et premières opérations à distance, elle redéfinit déjà les pratiques médicales et ouvre la voie à une médecine du futur.

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Depuis plus de vingt ans, les robots chirurgicaux assistent les praticiens dans les blocs opératoires à travers le monde. Leur promesse : des gestes plus précis, moins invasifs et une récupération accélérée pour les patients.

Au printemps dernier, pour la première fois dans l’histoire médicale du pays, un chirurgien installé à Casablanca a opéré un patient hospitalisé à Laâyoune

Au Maroc, cette technologie n’a émergé que récemment, mais elle connaît une ascension fulgurante. En un an, plus de 300 interventions ont déjà été réalisées, dont une part importante au sein du groupe Akdital.

Le moment fondateur est survenu au printemps dernier : pour la première fois dans l’histoire médicale du pays, un chirurgien installé à Casablanca a opéré un patient hospitalisé à Laâyoune. Depuis la console robotisée du Centre international d’oncologie, le Dr Adil Ouzzane a mené à distance une prostatectomie radicale sur un homme de 52 ans, pris en charge dans le bloc opératoire de la Polyclinique internationale de Laâyoune. Un exploit rendu possible grâce à une double connexion fibre et faisceau hertzien, garantissant une latence de seulement 20 millisecondes.

“Dans le cas du cancer de la prostate par exemple, la chirurgie robotique permet de retirer la tumeur tout en préservant les fonctions sexuelles et urinaires”

Adil Ouzzane, président de la Société marocaine de chirurgie robotique

La chirurgie robotique nous permet désormais d’intervenir avec une grande précision, en réduisant les douleurs et en accélérant la récupération des patients. Dans le cas du cancer de la prostate par exemple, cela signifie pouvoir retirer la tumeur tout en préservant les fonctions sexuelles et urinaires, ce que la chirurgie traditionnelle ne garantit pas”, explique le Dr Adil Ouzzane, président de la Société marocaine de chirurgie robotique.

La robotique chirurgicale s’applique aujourd’hui à plusieurs spécialités, avec des indications qui concernent principalement la chirurgie oncologique et réparatrice. En urologie, elle est utilisée pour les cancers de la prostate, du rein ou de la vessie, mais aussi pour des interventions non cancérologiques comme la chirurgie du prolapsus ou la correction d’anomalies des voies urinaires. Ses applications s’étendent progressivement à d’autres disciplines, notamment la gynécologie, la chirurgie digestive, thoracique ou encore l’ORL.

Derrière la prouesse technique se dessine une vision plus large : décentraliser l’expertise médicale. En équipant plusieurs établissements de machines interconnectées, Akdital ouvre la voie à la téléchirurgie et au “téléproctoring”, qui permet à des jeunes chirurgiens installés loin des grands centres de bénéficier d’un accompagnement à distance.

“Qu’un patient de nos provinces du sud puisse être opéré par un expert basé à Casablanca, sans quitter sa ville ni sa famille, c’est cela le vrai sens de l’innovation”

Dr Ouzzane

“Qu’un patient de nos provinces du sud puisse être opéré par un expert basé à Casablanca, sans quitter sa ville ni sa famille, c’est cela le vrai sens de l’innovation”, insiste Dr Ouzzane. Comme toute avancée médicale, la chirurgie robotique appelle désormais à être diffusée plus largement et accompagnée par la formation de nouveaux praticiens. L’enjeu est de permettre à un nombre croissant de spécialistes marocains de s’approprier ces technologies et d’en élargir progressivement les champs d’application.