Cela fait quelques semaines que Mohamed Saad Berrada est au cœur de l’actualité.Mais dans les travées du parlement comme dans les colonnes de certains de nos confrères, ce ne sont pas les réformes ou la politique du ministre de l’Éducation nationale qui sont débattues. Ce sont plutôt les entreprises détenues par l’homme politique et homme d’affaires qui alimentent les discussions.
L’élu PJD Abdellah Bouanou a allumé la mèche en établissant un lien entre la nomination de Berrada au sein du gouvernement Akhannouch II et l’obtention de marchés publics par Pharmaprom, une société pharmaceutique dont il est actionnaire. Active dans le secteur depuis 2007, l’entreprise est majoritairement détenue par BIP Partners, une structure qui compte parmi ses associés le ministre lui-même ainsi que Mohamed Bouzoubaâ, patron de TGCC et figure du BTP.
Près de 30 députés poursuivis ou condamnés. Une majorité gouvernementale éclaboussée par les affaires. Et un vide juridique qui laisse prospérer les zones grises. L’accusation de conflit d’intérêts portée contre le ministre de l’Education nationale, Mohamed Saâd Berrada, est le… pic.twitter.com/H5oXOH3jF0
— TelQuel (@TelQuelOfficiel) December 2, 2025
Dans l’année qui a suivi la nomination de Mohamed Saâd Berrada, Pharmaprom a décroché près d’une dizaine d’appels d’offres publics. L’entreprise n’est toutefois plus pilotée par le ministre, c’est son frère Hassan qui l’a remplacé dans ses fonctions d’administrateur et de président-directeur général, pour un mandat de trois ans. Et c’est justement cette passation qui est au cœur de la controverse.
Ce qu’affirme The Voice of Morocco
Selon nos confrères du site d’information arabophone The Voice of Morocco et l’élu Abdellah Bouanou, le ministre de l’Éducation nationale n’aurait pas effectué cette passation dans les règles. Avec un argument central : le modèle 7 — l’extrait officiel du registre du commerce délivré par le greffe du tribunal de Casablanca — ferait toujours apparaître Mohamed Saâd Berrada comme gérant de Pharmaprom, plus d’un an après sa nomination au gouvernement.

Or, selon l’article 61 du Code de commerce, “seuls les faits et actes régulièrement inscrits au registre du commerce sont opposables aux tiers.” Autrement dit, une démission non publiée au registre n’aurait aucune valeur juridique. Le ministre serait donc en violation de la loi organique relative à l’organisation du gouvernement, qui interdit à tout membre de l’Exécutif de siéger dans les organes de direction d’entreprises privées à but lucratif.
