WeXchange Forum 2025, a été organisé le 21 octobre à Casablanca par la Fondation Abdelkader Bensalah, sur le thème : «Rôle économique du tiers secteur : révéler la force cachée» Crédit: DR

Cinq chantiers pour professionnaliser le tiers secteur

Au-delà des constats et des ambitions affichées, les participants du WeXchange Forum 2025 ont tracé des pistes concrètes pour faire du tiers secteur marocain un acteur économique structuré, capable de conjuguer professionnalisation, impact mesurable et ancrage territorial.

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Diversifier les sources de financement

La blended finance, qui marie subventions, prêts, investissements et mécénat, émerge comme un levier pertinent identifié collectivement

Le premier chantier identifié concerne la fragilité financière chronique des organisations. Ahmed Laasri, Directeur Développement & Investissements à JAIDA, a animé un cercle où la solution miracle a rapidement été écartée au profit d’une approche systémique.

La blended finance, qui marie subventions, prêts, investissements et mécénat, émerge comme un levier pertinent identifié collectivement. La crédibilité financière suppose des ajustements structurels : un cadre fiscal et comptable facilitant la génération de revenus associatifs, des provisions pluriannuelles pour l’accompagnement durable, et une gouvernance professionnelle.

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Attirer et retenir les talents

Karim Bribri, expert en développement des organisations, a posé une question sensible : comment faire venir des profils qualifiés dans un secteur perçu comme exigeant mais peu lisible ?

Karim Bribri, expert en développement des organisations, a posé une question sensible : comment faire venir des profils qualifiés dans un secteur perçu comme exigeant mais peu lisible ? Dans un environnement standardisé par le reporting, le secteur perd sa culture d’innovation. Face à ce constat, les participants ont plaidé pour une cartographie des métiers, le partage de référentiels RH et la clarification des évolutions de carrière.

Le marketing social comme levier de transformation

Marie-Christine Ladouceur-Girard, de la Maison de l’Innovation sociale au Canada, a repositionné le marketing comme un processus d’orientation du changement. Des exemples marocains illustrent cette approche : hôtels valorisant les produits de terroir et intégrant des apprentis d’écoles de la deuxième chance, ou plateformes reliant consommation et soutien aux associations.

Pour que l’histoire tienne, il faut des preuves : chiffres, réalisations, track-record. Bien raconté, le tiers secteur rend désirable l’engagement et déplace les comportements d’achat, de don, de partenariat.

Construire des écosystèmes territoriaux

Alexandre Lourié, du Groupe SOS, a centré les échanges sur une question cardinale : « Qui fait quoi ? ». Les réponses venues de la salle ont convergé vers l’échelle territoriale, affirmant que les alliances locales sont plus pérennes et ancrent la valeur au plus près des besoins. La mutualisation devient une norme si une structure pivot accepte un rôle d’animation et de régulation. Une conviction partagée a émergé des échanges: on quitte la coopération de circonstance pour une co-création délibérée.

La donnée comme capital stratégique

Anas Belabbes, de l’AI Institute, a positionné la donnée comme un capital stratégique. Elle éclaire les décisions et renforce la redevabilité – à condition d’être fiable et éthique. Concernant l’intelligence artificielle, le message est clair : sans bases de données solides, pas d’IA utile. La trajectoire proposée par les participants : investir dans les compétences de collecte et d’interprétation, et installer une culture data où la donnée devient un bien commun au service du social.

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