Cinéma sensible, corps en mouvement, Riboud et Barbey... les sorties de la semaine

MOROCCO. Meknes. Moulay Ismael Mausoleum (Muslim shrine). 1985. Crédit: DR

Eloge de la gentillesse 

Cinéma. C’est l’histoire d’un type gentil. Rien que ça. Dans Le Roman de Jim des frères Larrieu, Karim Leklou incarne Aymeric, trentenaire à la vie simple qui tombe amoureux d’une femme enceinte célibataire. Ils élèvent l’enfant ensemble, construisent un quotidien tendre. Aymeric élève le petit Jim comme son fils, jusqu’à ce que son père biologique décide d’entrer dans sa vie. Le temps passe, vingt-trois années en tout, lors desquelles on voit Aymeric et Jim grandir ensemble.

Dans cette adaptation du roman éponyme de Pierre Bailly, les réalisateurs dressent le portrait rare et bouleversant d’un homme sans éclat ni cynisme, dont la bonté persiste face aux revers de l’existence. Le film avance au rythme discret d’une vie ordinaire, où l’émotion se loge dans les silences et les gestes simples. En 2024, ce rôle a valu à Karim Leklou le César du meilleur acteur, un prix qu’il a tenu à dédier “à tous les gentils”. Un film lumineux et bouleversant. 

Tout le mois d’octobre à la Cinémathèque de Tanger.

Corps en mouvement

Festival. La danse contemporaine investit Casablanca pour cinq jours intenses. Les Rencontres chorégraphiques reviennent avec une 11ᵉ édition qui place la scène arabe au cœur de son dispositif. L’Arab Dance Platform devient cette année la colonne vertébrale du festival, offrant une vitrine aux jeunes compagnies de la région tout en tissant des passerelles avec les réseaux culturels internationaux.

Une vingtaine de spectacles sont prévus, portés par des artistes venus du Maroc, de Palestine, mais aussi de Jordanie, du Liban, aux côtés de créations européennes. Entre battle de danse urbaine et bals chorégraphiques, le festival déborde les murs des salles de spectacle.

Du 1er au 5 octobre à l’Institut français de Casablanca. 

Double objectif 

Exposition. Encore deux mois pour découvrir “Regards croisés”, l’exposition qui réunit Marc Riboud et Bruno Barbey au Musée Mohammed VI, réalisée en partenariat avec le Musée Guimet à Paris. C’est une rencontre inédite entre deux figures majeures de l’agence Magnum Photos.

D’un côté, Riboud déploie un œil contemplatif, particulièrement forgé lors de ses voyages en Asie. De l’autre, Bruno Barbey, fils de Berrechid né sous le protectorat, devenu photojournaliste et reporter de guerre. Leurs images témoignent d’un même siècle traversé par deux regards différents, qui se rejoignent dans ce que la photographie a à dire au monde. 

Jusqu’au 25 novembre au Musée Mohammed VI de Rabat. 

Dessine-moi un mouton 

Spectacle. Le Sahara marocain a inspiré l’une des œuvres les plus lues au monde. En 1927, Antoine de Saint-Exupéry posait ses valises à Tarfaya comme chef d’escale de l’Aéropostale, esquissant dans ses carnets dunes, fennecs et silhouettes d’enfants. Ces rencontres ont donné naissance au Petit Prince. Ce spectacle pour le jeune public fait revivre cette genèse à travers le dessin sur sable, transformant les grains dorés en tableaux mouvants où se déploie la magie de l’enfant aux cheveux d’or.

Le 4 octobre à la Salle Bahnini, à Rabat.

Paroles vives

Théâtre. Douze jeunes comédiens marocains montent sur scène pour se raconter sans filtre. ICI, création de Pascal Rambert coproduite par l’Institut français du Maroc et l’ISADAC, débarque pour la première fois en tournée nationale. Le metteur en scène français a passé des mois à écouter ces étudiants, recueillant leurs récits par mail ou lors de séances à Rabat, avant d’écrire pour chacun un texte sur mesure. Le spectacle transforme la scène en espace de confidence brute où se dévoilent rêves, fragilités et aspirations d’une génération.

Le 6 octobre à l’Institut français de Rabat.