En 2017-2018, le taux de couverture était de 46%. En 2024, il était de 83%, et cette année, nous visons 85%”, indique Abdeljalil Benzouina, directeur de l’organisation du préscolaire au ministère de l’Éducation nationale. Cette année, 2500 classes ont été créées et l’effectif total du préscolaire s’élève à 985.375 enfants (+4,5%), dont 663.000 dans le public.
Un bond qui se traduit notamment par une montée en puissance du secteur public. “Au départ, nous avions trois composantes : le préscolaire public – gratuit et financé par l’État –, le préscolaire privé, et le préscolaire non structuré, qui n’a généralement pas d’autorisation. En 2017-2018, le taux de couverture du préscolaire non structuré était de 63%, contre à peine 10% aujourd’hui, et le taux de couverture du préscolaire public est passé de 13% à plus de 67%”, explique-t-il.
Défis territoriaux et innovations pédagogiques
L’objectif, à terme, est d’atteindre la généralisation du préscolaire à l’horizon 2028, “avec une ‘microplanification’, c’est-à-dire non plus à l’échelle de la province, mais au niveau des localités”
Les efforts les plus notables ont porté sur le milieu rural, grâce notamment à l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH). “L’INDH a fortement contribué à augmenter l’offre dans le milieu rural. Une convention a été signée devant Sa Majesté en 2018, pour la prise en charge d’environ 10.000 classes en milieu rural. À partir de 2023, ces classes ont été transférées d’une manière officielle aux académies”, souligne Benzouina.
Mais l’extension du préscolaire n’est pas sans obstacles. “Dans certaines zones, notamment en milieu urbain à forte densité de population, il y a un manque de foncier. Nous cherchons des alternatives, comme l’exploitation de bâtiments et centres appartenant à d’autres départements”, précise-t-il.
Pour les zones éloignées, des solutions sont en test : “Nous réfléchissons à un modèle pédagogique spécifique, impliquant davantage les parents et les partenaires locaux au niveau des douars. Nous expérimentons cela dans trois régions (Souss-Massa, Tanger et Marrakech), pour atteindre la généralisation de ce modèle en 2026.”
L’objectif, à terme, est d’atteindre la généralisation du préscolaire à l’horizon 2028, “avec une ‘microplanification’, c’est-à-dire non plus à l’échelle de la province, mais au niveau des localités”.
Formation des éducateurs, un investissement stratégique
Le ministère insiste aussi sur le renforcement des compétences des éducateurs, clés de voûte du dispositif. Ces derniers reçoivent une formation initiale obligatoire de 400 heures, complétée par une formation de 950 heures durant les deux premières années de fonction. “Nous fournissons ensuite à l’ensemble des éducateurs une formation continue de six jours par an pour assurer une mise au point annuelle et adopter les nouveautés pédagogiques”, ajoute notre interlocuteur.
Actuellement, 2500 éducateurs sont en formation initiale, et 13.800 en formation continue. Au-delà de la formation, l’évaluation et la qualité pédagogique prennent une place croissante. “Cette année, nous avons élaboré un référentiel de qualité et expérimenté un système d’information d’évaluation de la qualité. Nous lancerons ce dispositif dans l’ensemble des unités du préscolaire public, soit environ 35.000 classes, en 2026. Enfin, nous faisons, pour la 3e année consécutive, une évaluation des acquis des enfants à l’entrée de la première année du primaire”, conclut le responsable.
