Du 30 septembre au 5 octobre, El Jadida va redevenir la capitale marocaine du cheval. Au Parc des expositions Mohammed VI, l’événement déploiera son habituel mélange de compétitions sportives, de tbourida, de spectacles nocturnes et de rencontres scientifiques.
Au-delà de la fête populaire, le Salon se donne une mission plus large : faire rayonner les races marocaines, confronter le savoir-faire national aux standards internationaux et ouvrir un débat sur l’avenir d’une filière en pleine mutation. Entretien avec son commissaire, Dr El Habib Marzak.
TelQuel : Cette 16e édition met en avant le thème du « bien-être du cheval » comme « trait d’union des pratiques équestres ». Pourquoi ce choix maintenant, et comment comptez-vous le traduire concrètement au Salon ?
Dr El Habib Marzak : Le bien-être du cheval est une question centrale qui traverse aujourd’hui toutes les pratiques équestres, du sport à la reproduction, du loisir à la tbourida. Ce n’est plus un luxe ou une injonction extérieure, c’est une exigence éthique, sociétale et professionnelle. Il nous a donc semblé naturel de placer cette thématique au cœur de l’édition 2025.
Ce choix n’est pas simplement déclaratif. Il irrigue l’ensemble de la programmation. D’abord à travers les conférences et une journée d’étude dédiée, qui permettront d’ouvrir un dialogue entre les professionnels et les intervenants du secteur.

Ensuite, dans les concours eux-mêmes, où les critères de présentation, de soin et de conduite des chevaux sont rigoureusement encadrés. Enfin, en donnant la parole à des artisans et des experts du harnachement car leurs savoir-faire ne relèvent pas seulement de l’esthétique ou de la tradition, mais touchent directement au confort, à la santé et à la sécurité de l’animal.
Notre ambition est d’enraciner cette thématique dans le concret. Faire en sorte que chaque acteur, à son échelle, reparte du Salon avec des idées, des outils, et peut-être une prise de conscience plus profonde de la notion du bien-être.
Depuis sa création en 2008, le Salon du cheval a gagné en visibilité, au Maroc comme à l’international. Avec le recul, quels sont les principaux acquis et les points qui restent encore à améliorer ?
En seize éditions, le Salon du cheval s’est imposé comme une référence sur la scène équestre internationale. Il a d’abord contribué à structurer un écosystème qui, auparavant, était fragmenté.
“Le Salon du cheval a aussi contribué à faire du cheval non seulement un enjeu patrimonial, mais aussi un levier économique, culturel et touristique”
Il a offert aux éleveurs marocains une vitrine et aux races nationales (barbe, arabe-barbe, pur-sang arabe), un espace de reconnaissance. Il a aussi contribué à faire du cheval non seulement un enjeu patrimonial, mais aussi un levier économique, culturel et touristique.
Cela dit, nous restons lucides. Il y a encore des marges de progression. Par exemple, nous devons accompagner davantage l’exportation de notre expertise et de nos chevaux vers d’autres circuits internationaux.
Nous devons aussi continuer à renforcer le dialogue entre la tradition et l’innovation, afin que le Salon reste un lieu vivant, en prise avec les évolutions du monde équestre. Enfin, nous souhaitons impliquer davantage les jeunes, à travers des formats pédagogiques encore plus immersifs.
