Record de fréquentation mais moral en berne, le paradoxe de l'été marocain pour les MRE

Loin d’être déserté, le Maroc reste un passage estival quasi obligé pour les Marocains résidant à l'étranger (MRE). Mais derrière la hausse des arrivées, les usages changent : hôtels évités, dépenses limitées, frustration latente. L’été marocain n’est plus un réflexe aveugle : il devient un choix, calculé, pesé et parfois même évité. 

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Des passagers quittent le ferry reliant Tarifa à Tanger, le 15 juin 2022. Crédit: Fadel Senna / AFP

Il aura suffi de quelques vidéos virales montrant des plages désertes à Saïdia, des cafés aux rideaux baissés à Fnideq ou des routes dégagées à M’diq, pour alimenter la rumeur : les MRE auraient tourné le dos au pays. En toile de fond, un récit de désenchantement amplifié par les réseaux sociaux : billets d’avion hors de prix, appartements inabordables, accueil indifférent. L’évidence s’imposait à tous : quelque chose avait changé. 

Mais ce que disent les chiffres, publiés début août, vient contrarier ce sentiment largement partagé. Non, les Marocains du monde ne se sont pas détournés de leur pays cet été. Ils sont là, peut-être plus nombreux encore. Ce n’est donc pas l’élan qui manque, c’est ce qui en découle : le séjour, l’expérience, la façon dont on revient — et surtout dont on repart.

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