L'humour noir d'Ari Aster au cinéma, Magnum au musée, une pièce de théâtre qui fait de ses spectateurs des juges... Les sorties de la semaine

Eddington Crédit: DR

Le miroir américain 

Cinéma. Avec Eddington, Ari Aster délaisse ses habituels cauchemars familiaux pour disséquer l’Amérique de 2020. Le réalisateur de Midsommar plonge dans une petite ville du Nouveau-Mexique où la confrontation entre un shérif (Joaquin Phoenix) et un maire (Pedro Pascal) cristallise toutes les fractures contemporaines. Pandémie, émeutes raciales, complotisme… le réalisateur transforme ces tensions en une comédie noire de 2h30 qui mêle western crépusculaire et satire sociale.

Joaquin Phoenix porte ce film-fleuve où Emma Stone et Austin Butler évoluent dans une Amérique devenue folle d’elle-même. Le cinéaste new-yorkais orchestre un chaos foisonnant, transformant l’actualité brûlante en spectacle déjanté. Un territoire cinématographique inédit pour le réalisateur qui abandonne l’horreur pure pour explorer la folie sociale américaine.

Actuellement en salles. 

Maîtres de l’instant

Marc Riboud et Bruno Barbey ont documenté le XXe siècleCrédit: DR

Photographie. Pour la première fois au Maroc, deux légendes de l’agence Magnum se rencontrent dans les salles du Musée Mohammed VI. Marc Riboud et Bruno Barbey ont documenté le XXe siècle avec une exigence esthétique rare, l’un par la contemplation silencieuse, l’autre par l’éclat de la couleur. Riboud, voyageur infatigable de l’Asie, a saisi la poésie des mutations chinoises avec une délicatesse d’aquarelliste. Barbey, né à Berrechid, a révolutionné le photojournalisme en créant de la beauté dans les zones de conflit.

Cette exposition dévoile leur dialogue visuel : l’introspection de Riboud répond aux lumières amazighes de Barbey, créant une conversation intime sur un Maroc éternel et contemporain.

Du 17 juillet au 25 novembre au Musée Mohammed VI d’Art moderne et contemporain, Rabat.

Juges-spectateurs 

Spectacle. Innocents ? propose une expérience théâtrale qui fait du public un acteur du récit. Trois comédiens incarnent des détenus face à un crime que les spectateurs choisissent en début de soirée. À partir de cette donnée, chaque interprète improvise son histoire personnelle, construisant en temps réel un récit où se mêlent culpabilité et innocence, crime et mystère.

La salle se transforme alors en tribunal participatif : c’est aux spectateurs d’écouter les témoignages contradictoires, de recouper les versions et de déterminer qui dit vrai. Un véritable exercice collectif : l’imagination forge le spectacle, questionnant notre capacité à discerner la vérité.

Le 19 juillet à 20h, salle Pie X, Rabat.

Gnaoua fever 

Concert. Quelques jours à peine après la clôture du Festival Gnaoua d’Essaouira, Hamid El Kasri remonte déjà sur scène : rendez-vous le 19 juillet 2025 au Zénith de Rabat pour une soirée unique aux côtés d’Anas Lakhssassi. La fièvre des rythmes et des chants ne retombe pas : le grand maâlem poursuit la fête, offrant au public une nouvelle occasion de vivre l’énergie vibrante de la tradition gnaoua dans une ambiance chaleureuse et partagée.

Le 19 juillet au Zénith de Rabat. 

Le Mexique à Marrakech 

Exposition. “Oiseaux du Mexique” révèle, à travers plus de 90 œuvres et objets variés – céramiques, textiles, parures ou sculptures –, la fascination qu’exercent les oiseaux sur la création mexicaine. Chaque pièce dialogue avec les mythes ancestraux, l’imaginaire des sociétés préhispaniques et la pluralité des expressions artistiques. Ces figures ailées traversent les âges et dessinent une cartographie vivante d’une identité où spiritualité, nature et créativité se rencontrent.

Jusqu’au 27 juillet au Musée Yves Saint Laurent, Marrakech.