Le Conseil de la concurrence a publié, le 3 juillet, l’avis n° A/1/25 relatif à l’état de la concurrence dans les circuits de distribution des produits alimentaires au Maroc, adopté lors de sa 60e réunion tenue le 27 février. Suite à cette auto-saisine, le Conseil analyse en détail les mécanismes tarifaires qui pèsent sur les prix au consommateur et contribuent fortement à l’inflation alimentaire, montée à 11% en 2022 et 12,5% en 2023, niveaux inédits depuis trente ans.
Les chocs extérieurs comme la pandémie, les tensions géopolitiques et l’augmentation des coûts logistiques ont certes déclenché la hausse des prix, mais selon le Conseil de la concurrence, cette inflation a été accentuée par les caractéristiques propres du système de distribution marocain.
En d’autres termes, si les facteurs externes ont amorcé la flambée des prix, la structure particulière des circuits de distribution au Maroc a contribué à aggraver et amplifier cette tendance inflationniste.
Le commerce traditionnel, qui pèse encore près de 65-75 % des volumes pour les produits laitiers ou 77% du fromage fondu triangulaire, applique des prix quasi‑uniformes, limitant toute différenciation réelle selon les coûts d’achat.
Dans le même temps, la grande distribution (GMS) a vu se généraliser les marges “arrière” (services marketing, remises hors facture) dont le poids moyen oscille entre 6% et 16% selon les catégories de produits.
