Voici une série de constats, accompagné à chaque fois d’un conseil pratique concret.
Premier constat : le taux de réorientation
En France, en 2024, 142 654 étudiants en réorientation ont constitué un dossier sur la plateforme Parcoursup, soit 24 % d’une promotion de lycéens de l’année précédente. Environ un quart des étudiants choisissent donc de changer de voie après un an. Ce chiffre n’inclut pas les redoublements, qui concernent environ un autre quart des étudiants. Parfois, il s’agit même de très bons élèves : 20 % des bacheliers ayant obtenu la mention « Très Bien » ne passent pas en deuxième année à l’université, car ils redoublent ou se réorientent.
Conseil : préparez votre admission post-bac le plus tôt possible, au moins un an avant le baccalauréat.
Deuxième constat : le niveau d’anglais exigé
Dans les filières post-bac, le niveau d’anglais demandé est souvent élevé. En France, il faut parfois passer des entretiens spécifiques ou des tests en ligne. À l’international, on demande généralement une certification reconnue (TOEFL, Cambridge, IELTS…). Les universités anglophones attendent en général un niveau C1 (advanced) ou un score TOEFL supérieur à 100. Pour d’autres universités, un niveau B2 est requis. Ces justificatifs doivent être fournis dès l’inscription, parfois dès janvier de l’année du baccalauréat.
Conseil : passez un test de niveau en ligne dès la classe de première, afin d’avoir le temps d’améliorer votre niveau si besoin.
Troisième constat : des dates d’admission variables selon les pays
Les calendriers d’admission diffèrent selon les pays et les formations visées : autour du 1er janvier pour les États-Unis, du 31 janvier pour le Royaume-Uni (et souvent le Canada), du 9 mars pour la France, début avril pour la Suisse, fin mars pour la Roumanie, et le 31 mai pour le Portugal.
Conseil : sélectionnez vos couples formation-établissement dès le premier trimestre de l’année de terminale et notez les dates limites d’admission sur un calendrier.
Quatrième constat : des épreuves d’admission diverses
La majorité des formations post-bac demandent un dossier de candidature comprenant les notes, les appréciations, les activités, les centres d’intérêt et une lettre de motivation. Certaines imposent également des épreuves complémentaires pour classer les candidats selon leurs propres critères. Un élève de terminale peut donc devoir affronter plusieurs épreuves écrites et orales, y compris en anglais. Certains concours regroupent plusieurs écoles, d’autres ne concernent qu’un seul établissement. Les épreuves écrites peuvent être en présentiel ou à distance, sous forme de QCM classiques ou à points négatifs. Les oraux peuvent être des entretiens individuels ou des épreuves en groupe.
Conseil : une préparation spécifique est nécessaire pendant l’année de terminale pour réussir les épreuves écrites et orales.
Cinquième constat : les frais de réservation dans les universités internationales
Lorsque vous choisissez une université à l’étranger, vous tenez naturellement compte de la qualité du diplôme, des débouchés professionnels ou de vos chances de réussite. Cependant, un critère essentiel est souvent négligé : le paiement anticipé pour réserver votre place. Dans de nombreuses universités, l’inscription n’est confirmée qu’après le versement d’un acompte, souvent non remboursable.
Exemples :
– Ottawa (Canada) : 1 000 $ CAN avant le 2 juin 2025
– Iasi (Roumanie – médecine) : 4 250 € d’acompte à verser avant le 8 juin 2025
– Europea Madrid (Espagne) : 2 000 € à payer dans les 5 jours suivant l’admission
– Hull (Royaume-Uni) : 4 000 £ pour débloquer la demande de visa
– Universités américaines : entre 200 et 500 $ pour le formulaire I‑20
– De plus, les frais de dossier post-bac, à ne pas confondre avec les frais d’inscription, sont exigés par de nombreux établissements d’enseignement supérieur. En France, ils varient entre 30 et 295 euros et ne sont pas remboursés, même en cas de refus.
Conseil : vérifiez systématiquement les frais et délais de réservation pour chaque université ciblée. Intégrez-les dans votre budget post-bac.
À propos de l’auteur

Christian Claverie, ancien proviseur et coach en orientation post-bac
Ancien chef d’établissement français à l’étranger, notamment à Fès, Agadir et Jounieh (Liban), Christian Claverie a accompagné de nombreux élèves dans la construction de leur projet d’études supérieures après le baccalauréat. Il a conseillé élèves et parents, analysé des dossiers pour des établissements d’enseignement supérieur et continue aujourd’hui cette activité en tant que coach en orientation post-bac. Il intervient auprès d’élèves marocains ou français du système français, ainsi que d’élèves marocains du système national.
