Prisons marocaines : un surpeuplement à 161 % malgré les réformes

Avec plus de 105 000 détenus pour à peine 65 000 places, les prisons marocaines suffoquent. Malgré de nouvelles lois et des efforts de modernisation, le surpeuplement continue de miner les droits, la sécurité et la réinsertion des détenus.

Par

Yassine Toumi / TelQuel

Au 31 décembre 2024, la population carcérale marocaine culminait à 105.094 détenus, soit une augmentation de 2,38% entre 2023 et 2024 et de 40,24% sur la dernière décennie, selon le rapport d’activité de la DGAPR au titre de l’année 2024, diffusé ce 1er juillet.

La capacité d’accueil, elle, n’a progressé que de quelques centaines de lits : de 178.511 m² à 179.430 m², soit l’équivalent de 65.152 places. Un chiffre qui n’a que peu d’impact sur le désengorgement des prisons du Royaume : le taux moyen national de surpeuplement a atteint 161% en fin d’année, laissant parfois trois détenus se partager l’espace prévu pour un seul.

Aussi, malgré l’ouverture de la nouvelle prison d’Essaouira 2 (1900 lits) et la réhabilitation de la prison d’Ain Sebaa 2 (+704 lits), le parc demeure insuffisant pour absorber l’accroissement annuel moyen de 3,44% de la population carcérale sur la dernière décennie.

 

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