Tesla, hybrides, marques chinoises : le Maroc enfin prêt pour la révolution électrique ?

Arrivée de Tesla, percée des marques chinoises, montée en puissance de l’hybride... En surface, le marché automobile marocain semble enfin prendre le virage de l’électrification. Mais sous cette dynamique apparente se cache un secteur encore en transition, freiné par un écosystème technique et logistique loin d’être prêt. 

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On s’y attendait. L’annonce, début juin, de l’implantation officielle de Tesla au Maroc n’est pas passée inaperçue. À travers sa nouvelle filiale, qui doit ouvrir à la Marina de Casablanca, le géant californien affiche ses ambitions : vendre ses voitures, mais aussi déployer ses superchargeurs et se positionner sur l’énergie solaire.

Selon les documents d’enregistrement, Tesla Morocco, dotée d’un capital de 27,5 millions de dirhams, est autorisée à opérer dans des domaines aussi vastes que la commercialisation de véhicules, les infrastructures de recharge, la production d’énergie ou encore le stockage domestique. Mais à y regarder de plus près, les contours du projet restent encore incertains. Aucun calendrier n’a été communiqué et, selon nos informations, aucun échange formel n’a été engagé avec la principale fédération sectorielle, l’Association des importateurs de véhicules au Maroc (AIVAM).

Un tournant sous haute tension

La commercialisation de véhicules électriques ne semble donc pas prévue à court terme. Si Tesla s’installe juridiquement, sur le terrain, tout reste à faire.

“Aujourd’hui, on a une offre électrique très diversifiée sur le marché marocain. Des marques chinoises, européennes, avec des modèles dans toutes les gammes de prix, à partir de 200 000 dirhams”

Abdelouahab Ennaciri, président de l’Association des importateurs de véhicules au Maroc (AIVAM)

L’arrivée du constructeur californien est donc un marqueur symbolique plutôt qu’un vrai déclencheur. Oui, Tesla attire l’attention médiatique et crédibilise un peu plus la filière électrique. Mais de là à transformer le marché, il y a un pas. Car, souligne Abdelouahab Ennaciri, président de l’AIVAM, le potentiel est déjà là : “Aujourd’hui, on a une offre électrique très diversifiée sur le marché marocain. Des marques chinoises, européennes, avec des modèles dans toutes les gammes de prix, à partir de 200.000 dirhams”.

En clair, le problème n’est pas l’offre. Et ce n’est pas non plus l’arrivée d’un acteur emblématique qui changera la donne. “Si Tesla arrive, ça peut stimuler un peu le marché, bien sûr, mais ce n’est pas ce qui va débloquer les ventes de voitures électriques de manière significative”, nuance Ennaciri. Car le vrai point de blocage, lui, reste entier : l’infrastructure de recharge. “Tant qu’on n’a pas réglé ça, rien ne changera fondamentalement.”

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