Faux-diplômes à Agadir : la SNESup dénonce l’inaction du ministère face aux dérives à l’Université Ibn Zohr

Dans un communiqué, la section régionale de la SNESup à Agadir, accuse le ministère de tutelle d’avoir sciemment ignoré depuis 2018 plusieurs rapports d’inspection faisant état de “violations pédagogiques et administratives graves” à l’Université Ibn Zohr.

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Le siège de la présidence de l'université Ibn Zohr à Agadir. Crédit: DR

Depuis quelques jours, une affaire de trafic de diplômes secoue la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de l’Université Ibn Zohr à Agadir. Au cœur du scandale : Ahmed Kailech, professeur et ancien membre affilié au parti de l’Union constitutionnelle (UC). Placé en détention à la prison de l’Oudaya à Marrakech, depuis le 13 mai sur ordre du juge d’instruction, il est soupçonné d’avoir manipulé l’inscription de plusieurs étudiants dans le master « Système pénal et gouvernance sécuritaire », qu’il dirigeait au sein de la faculté. Il est également accusé d’avoir délivré des diplômes contre de l’argent ou à la suite d’interventions.

La section régionale de la SNESup (Syndicat national de l’Enseignement supérieur), à Agadir, accuse le ministère de tutelle d’avoir sciemment ignoré depuis 2018 plusieurs rapports d’inspection faisant état de « violations pédagogiques et administratives graves » à l’Université Ibn Zohr. Dans un communiqué, le syndicat qualifie ce silence de « mécanisme dangereux » ayant favorisé la persistance de la corruption dans certains masters et filières. Il déplore l’absence de réaction de la part du ministère, malgré de nombreuses alertes et communiqués dénonçant des dérives qualifiées de « morales et administratives ».

Un silence complice et institutionnel”, selon le syndicat

Les inspections ministérielles ont mis en lumière des dysfonctionnements dans la supervision académique, les procédures de sélection et la gestion des masters, sans que cela n’entraîne de suites judiciaires ou de sanctions, le ministère se contentant de conserver les rapports sans agir.

Le syndicat évoque un « silence complice et institutionnel » ayant encouragé la reproduction de pratiques illégales et rappelle qu’il organise depuis 2015 des actions de protestation, restées sans réponse.

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Par ailleurs, la SNESup fustige une « campagne médiatique organisée » qui ciblerait les enseignants et l’université publique, tout en négligeant volontairement les revendications syndicales et les signaux d’alerte. Selon le syndicat, ces attaques viseraient à « ternir l’image de l’université publique » et à préparer le terrain à des réformes ouvrant la voie à une privatisation de l’enseignement supérieur, à travers le nouveau projet de loi sur l’organisation universitaire.

Enfin, tout en affirmant que « l’université marocaine et ses cadres ne sont pas au-dessus de la loi », le syndicat insiste sur la nécessité d’un processus d’imputabilité fondé sur des rapports officiels et vérifiés, et non sur des campagnes médiatiques. Il appelle les enseignants-chercheurs à renforcer leur mobilisation syndicale pour défendre l’université publique au Maroc.