D’Oujda à Marseille
Cinéma. Dans La Mer au loin, Saïd Hamich Benlarbi raconte le parcours de Nour, jeune clandestin marocain qui a émigré à Marseille au début des années 1990, dont le destin bascule suite à sa rencontre avec un duo atypique : un policier (Grégoire Colin) et sa femme (Anna Mouglalis). À travers quatre chapitres s’étendant sur une décennie, le réalisateur tisse une toile complexe d’espoirs et de désillusions, qui entremêle les destins de ces trois personnages.
La mise en scène, tout en clair-obscur, oscille entre réalisme social et onirisme poétique. La bande sonore, véritable madeleine de Proust, marie avec brio électro et raï des nineties, ancrant le récit dans son époque tout en sublimant l’émotion. Dans le rôle principal, Ayoub Gretaa crève l’écran, incarne avec une justesse bouleversante cet homme suspendu entre deux mondes, en quête perpétuelle d’identité et d’appartenance. Un film touchant sur l’exil, l’amour et la résilience, et une fresque intime et puissante du Marseille des années 1990.
Actuellement en salles.
Un temple pour le football marocain
Exposition. Le Musée du football marocain ouvre enfin ses portes au public. Niché dans la forêt Maâmora à Salé, ce temple du ballon rond propose une exploration immersive de l’histoire du football national à travers six espaces thématiques, mettant en avant la vision royale ou la passion des Marocains.

Une exposition temporaire, pièce maîtresse du musée, retrace également l’épopée des Lions de l’Atlas en Coupe du Monde, de 1970 jusqu’en 2022. Pour l’heure, le musée sera uniquement ouvert pendant les week-ends. Fruit d’une collaboration entre la Fédération royale marocaine de football et la Fondation nationale des musées, ce lieu unique – et très attendu par le public – mêle objets symboliques, dispositifs interactifs et scénographie innovante pour célébrer une passion nationale.
Tous les samedis et dimanches, à Salé.
Portrait mystérieux

Projection. Zabou Breitman et Florent Vassault signent avec Le Garçon un objet cinématographique fascinant né d’une trouvaille fortuite : 200 photos de famille chinées dans une brocante parisienne. Au centre de ces clichés, un mystérieux garçon que l’on voit grandir au fil des décennies.
À mi-chemin entre la fiction et le documentaire, les deux réalisateurs tissent un récit singulier : l’enquête documentaire de Vassault dialogue avec la fiction imaginée par Breitman. Une réflexion sensible sur la mémoire, le temps et l’art de raconter des histoires. Les projections seront suivies de débats avec la comédienne et cinéaste Zabou Breitman.
Les 7, 8 et 9 février à l’Institut français de Casablanca, la Cinémathèque de Tanger et au cinéma Renaissance de Rabat.
Le miroir des vanités
Théâtre. Après le succès des Femmes de l’ombre, Léonore Confino revient avec une comédie grinçante sur l’égo des artistes. Dans L’effet miroir, mis en scène par Julien Boisselier, un écrivain confronté au syndrome de la page blanche retrouve enfin l’inspiration. Mais son petit conte poétique et aquatique déclenche une tempête familiale, ses proches se reconnaissant dans ses créatures aquatiques. Ils règlent leurs comptes lors d’un dîner explosif.
Le 13 février à 20h30 au Studio des arts vivants.
Le crayon vert
Exposition. La galerie Mekki Meghara de Tétouan accueille une exposition adaptée de la BD Le Monde sans fin de Jean-Marc Jancovici et Christophe Blain. À travers un parcours mêlant humour et pédagogie, l’exposition décrypte les enjeux de la transition écologique en traduisant en images le dialogue entre un expert du climat et un maître de la BD.
Jusqu’au 27 février 2025 à la galerie Mekki Meghara, Tétouan.
