Le Mouvement du 23 mars, ou “M23”, une milice opérant en République démocratique du Congo (RDC), s’est emparé de la ville de Goma. Le chef-lieu de la province du Nord-Kivu, qui abrite près de deux millions de Congolais, est tombé le 27 janvier. Le M23, entré en rébellion contre le gouvernement congolais en 2012, est le nouveau maître de cette cité frontalière.
À Kinshasa, comme dans le reste du monde, tous les regards se tournent désormais vers Paul Kagame, chef d’État du Rwanda voisin, accusé de longue date de soutenir le groupe militaire. “Le M23 est un proxy du Rwanda. Tous les leaders de ce mouvement obéissent à Kigali”, assure à TelQuel un représentant de l’opposition congolaise qui a souhaité conserver l’anonymat.
Si l’homme est catégorique, c’est qu’en juillet dernier, un rapport d’experts de l’ONU a établi que l’armée rwandaise “contrôle de facto les opérations du M23”. Certaines exactions pouvant “constituer des crimes de guerre” ont été relevées par le rapport, le Rwanda étant implicitement “responsable”.
