Duo Gazzana : “On est très curieuses de découvrir le public du Maroc”

Après un premier concert à Rabat, le 7 décembre, le Duo Gazzana se produit 
ce 9 décembre à Marrakech, dans le riad “Les Étoiles de Jamaâ El Fna” de la Fondation Ali Zaoua, dans le cadre de la Semaine de la musique italienne. 
Pour TelQuel con Italia, les deux sœurs, Natascia (au violon) et Raffaella (au piano), reviennent sur leur première expérience avec le public marocain.

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Les soeurs Natascia (au violon) et Raffaella (au piano) Gazzana. Crédit: Ambassade d'Italie

Vous vous produisez cette semaine à Rabat et à Marrakech. Quelles sont vos impressions ?

C’est la première fois qu’on joue au Maroc et nous sommes très contentes. Raffaella est déjà venue comme touriste et m’a toujours parlé de ce pays avec enthousiasme. On apprécie la découverte et la rencontre de nouveaux publics.

On a choisi de jouer des morceaux qui figurent dans notre dernier album, notamment les sonates de Schumann et Grieg. Il y a aussi un hommage à l’Italie avec la Sonate en la majeur de Paganini et un morceau du compositeur suisse Bloch.

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Qu’est-ce qui a déclenché votre envie de devenir musiciennes ?

On a toujours baigné dans un environnement artistique. Nos parents étaient enseignants en arts et littérature italienne. Très jeune, Raffaella a joué du piano et j’ai suivi avec le violon. On a tout de suite su que c’était notre vocation. Nos parents ont été réceptifs à notre envie de faire de la musique et nous ont laissées libres de choisir nos chemins.

En parallèle, Raffaella a obtenu un diplôme en musicologie, et de mon côté, j’ai décroché un diplôme en art contemporain. Par la suite, on a pu travailler avec des maestros partout en Europe et profiter ainsi des enseignements des plus grands.

Pourquoi avoir choisi de faire carrière à deux ?

Une personne qui joue du violon a toujours besoin d’une pianiste. Étant violoniste, j’ai la chance d’avoir ma sœur qui joue du piano à la maison. C’était naturel de jouer ensemble. Après avoir obtenu notre “diplôme de virtuosité” en Suisse, on a commencé à se produire ensemble.

On a toujours vécu et voyagé ensemble. On n’a pas forcément besoin de se parler pour se comprendre. Il suffit d’un regard et la communication passe.

À quoi pense-t-on quand on joue devant un public ?

En général, on cherche à être concentré parce que c’est un moment émotionnel très spécial. Il faut garder le contrôle technique mais aussi la maîtrise des émotions qui nous traversent. C’est pour cette raison que c’est très excitant de jouer devant des publics différents.

Par exemple, au Japon, on a joué face à une audience quasi silencieuse, mais qui nous a chaleureusement accueillies après la fin du concert. C’est un public qui intériorise énormément la musique. En revanche, en Russie ou en Italie, le contact est très direct et spontané. On est très curieuses de découvrir le public du Maroc.

Quelles sont les œuvres qui vous ont le plus marquées ?

On a toujours eu un penchant pour le répertoire classique. J’ai un faible pour Bach et ma sœur Raffaella aime beaucoup Mozart et Stravinsky. On aime aussi travailler avec des compositeurs contemporains. On a déjà enregistré quatre albums pour le label allemand ECM records. Le dernier comprend des classiques avec des morceaux de Schumann et Grieg, mais aussi quelques œuvres composées par l’Estonien Tõnu Kõrvits, qui nous a accompagnées dans cette aventure.

On aimerait aussi entrer en contact avec des compositeurs marocains et pourquoi pas jouer un jour des œuvres marocaines. En somme, quand on travaille un morceau, c’est qu’on l’apprécie.