Aïd El Kébir et grande déprime

Par Réda Dalil

C’est un Aïd El Kébir mi-figue mi-raisin qui se profile. Tradition ancrée, la fête du mouton, outre son côté festif, est surtout synonyme de dépenses exceptionnelles. Malmenés par une succession de crises d’une rare intensité, les Marocains ont mal à leur portefeuille. Pas question néanmoins d’annuler l’achat d’une bête valant quasiment un SMIG. Objet d’une forte pression sociale, le mouton est un must. Plus il est gras et cornu, plus le profit symbolique qu’on en retire est grand. Les enfants respirent le bonheur, les voisins bouillonnent de jalousie et la maisonnée, pendant quelques jours, frémit d’une animation bienvenue. Viendra le moment où, la fête passée, il faudra rembourser à des taux usuriers le prêt qui a permis le festin gargantuesque et la courte félicité. Mais on y pensera plus tard, car les interstices de joie dans la vie du Marocain moyen sont désormais rares. Il s’agit d’en profiter du mieux que l’on peut, l’amère réalité reprenant trop vite ses droits. Secoué par une inflation qui n’en finit guère, harassé par un coût de l’énergie en ascension continue, le citoyen est…

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