La diplomatie marocaine ou l'art de se rendre indispensable

Par Réda Dalil

L’irénisme qui prévalait à la suite de la chute du mur de Berlin, moment-clé de l’histoire, où l’on crut celle-ci finie, n’est plus qu’un amas de cendres. Place à présent aux rapports de force, aux bras de fer, aux positions inflexibles et aux menaces à peine dissimulées… Le vocabulaire géopolitique s’anime dorénavant d’une agressivité inédite où l’“escalade” devient le maître-mot. Dans ce nouveau monde d’anti-Bisounours, celui qui ne vacille pas finit le plus souvent par triompher. Tenir tête aux grandes nations était un pari risqué. Le Maroc l’a relevé. Ouvrir des fronts de tension avec l’Espagne, suite à l’affront Brahim Ghali, était osé certes, mais cela a été fait. Rappeler l’ambassadrice du royaume en Allemagne était un pas que des pays d’un poids similaire au nôtre dans l’échiquier mondial n’auraient pas osé sauter, le Maroc l’a fait. Ruptures de dialogue, rappels d’ambassadeurs, gels de coopération, le Maroc emploie désormais ces leviers avec régularité. Beaucoup y ont vu, où y voient toujours, une témérité inutile, une fébrilité portant en elle le risque de perdre nos acquis de bon élève vis-à-vis de…

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