La HACA, les sitcoms et les avocats

Par Réda Allali

Cette semaine, Zakaria Boualem voudrait signaler qu’une institution publique s’est distinguée par une saillie qui lui a procuré un petit frisson de plaisir. C’est un évènement précieux en ces temps où les motifs de réjouissance sont rares. La Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle – puisque c’est d’elle qu’il s’agit – a décidé d’envoyer balader toutes les professions qui s’étaient mises en tête de la saisir. Vous connaissez le principe : il suffit qu’on montre dans une fiction un médecin pas suffisamment glorieux ou un avocat à la grandeur douteuse pour que les associations de ces corporations viennent geindre auprès de la HACA pour demander l’arrêt de la diffusion de cette ignominie. Eh bien, la HACA vient de leur demander de se taire, c’est un joli geste technique. Dans le même communiqué, elle leur explique ce qu’est une fiction, c’est assez cocasse. Reste la question: pourquoi sommes-nous aussi susceptibles? Pourquoi les médecins, les avocats, les juges, les pilotes, les cheminots, les professeurs, ont tous demandé un jour ou l’autre qu’on protège leur honneur audiovisuel? Pourquoi des gens qui regardent Netflix tous…

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