À Rabat, le ministre français de l’Intérieur discute drogue, migration, antiterrorisme

Drogue, migration, antiterrorisme et recrutement des imams étaient au centre des entretiens menés ce 16 octobre par le ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin pour sa première visite au Maroc.

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L'ambassadrice de France au Maroc, Hélène Le Gal, accompagnant Gérald Darmanin lors de sa visite au Maroc, ici avec Abdelouafi Laftit. Crédit: Twitter

Nous avons pu travailler sur plusieurs sujets touchant à la sécurité nationale et à la lutte contre le terrorisme”, a déclaré Gérald Darmanin, ministre français de l’Intérieur, après une rencontre à Rabat avec Abdelouafi Laftit.

Trafic de stupéfiants

Concernant la lutte contre le trafic de stupéfiants, le ministre a indiqué que des échanges étaient en cours en vue d’un accord entre les deux pays. Le Maroc occupe un “quasi-monopole” dans l’approvisionnement de l’Europe en cannabis, avec une production annuelle estimée à plus de 700 tonnes pour une valeur de 23 milliards de dollars, selon une étude publiée en 2020 par le réseau indépendant “Initiative mondiale contre la criminalité transnationale organisée”.

Les saisies de cannabis ont fortement progressé en 2017 et 2018 en France, où la résine représente les trois quarts de ces saisies et provient en quasi-totalité du Maroc, selon le dernier rapport de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT).

“La France elle-même doit faire davantage pour protéger le Maroc de trafics qui partent de l’Europe (…) singulièrement pour les produits psychotropes et les drogues de synthèse”, a indiqué Gérald Darmanin.

Immigration clandestine

Concernant l’immigration clandestine, le ministre a notamment évoqué la question des mineurs isolés, leur identification et leur suivi. Lorsque les migrants “sont majeurs, nous avons convenu qu’il était normal de continuer, malgré la crise du Covid, à ce qu’ils reviennent sur le territoire marocain, et lorsqu’ils sont mineurs, de continuer à les protéger et pouvoir les ramener quand on le peut, auprès de leur famille au Maroc ou dans des centres éducatifs marocains”, a-t-il dit.

Jusqu’à présent, aucun pays européen n’a réussi à mettre en place des mécanismes de retour des mineurs, ceux-ci étant protégés par plusieurs textes, à commencer par la Convention internationale des droits de l’enfant.

Au cours de sa visite, Gérald Darmanin devrait aussi discuter de l’organisation du culte musulman en France et du recrutement des imams, thèmes inscrits dans un projet de loi destiné à contrer le “séparatisme islamiste”. “Il s’agit de voir comment nous pouvons améliorer les choses et comprendre les contraintes de chacun”, a-t-il relevé.

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